La disparition des lions en Afrique du Sud
Publié le 11 mai 2015 par
Par Jessie-Ann Gagnon et Esthel St-Germain (2015)
La disparition des lions en Afrique du Sud

De nos jours, de plus en plus d’espèces vivantes sont en voie de disparition. Par exemple, une espèce de mammifères sur quatre, un oiseau sur huit et plus d’un amphibien sur trois sont en voie d’extinction. C’est le cas, entre autres, du lion d’Afrique. Bien sûr, d’autres sous-espèces de lions sont en grand danger, comme le lion d’Asie, qui est en grande partie disparu. Par contre, le lion d’Afrique pourrait disparaître à l’état sauvage d’ici 2020 si nous ne changeons rien.
La chasse:
Vraisemblablement, sur les 20 000 lions restants, abattre l’un des 4500 mâles encore vivants semble être une activité prisée par plusieurs personnes. Chaque année, en moyenne, 500 lions sont tués uniquement pour servir de trophées décoratifs qui ont pour destination les États-Unis. Pourquoi autant de fierté après avoir tué un lion? Après tout, n’est-ce pas seulement une preuve qu’un lion de plus est mort, que ces félins sont à un pas de plus de l’extinction? Bien sûr, la chasse n’est pas la seule raison pour laquelle on voudrait leur mort. Il semblerait que, pour certains, ce fauve serait un être des plus nuisibles. Pour protéger leurs troupeaux de bétail, les paysans utilisent un poison appelé carbofuran, celui-ci étant tellement toxique qu’il est banni aux États-Unis et dans l’Union européenne, mais semble toutefois parfait pour tuer un lion en quelques minutes. Les paysans en saupoudrent sur des carcasses et laissent le poison agir sur les prédateurs après qu’ils l’aient ingéré.
Propriétés curatives:
Ça ne s’arrête malheureusement pas là. En Asie, la demande est importante pour les objets, les aliments et autres qui ont des propriétés curatives. Les os de lions sont souvent utilisés comme substituts aux os de tigres, car ils sont très semblables et puis personne ne fait vraiment la différence entre les deux. Ce grand mammifère carnivore d’Afrique est aussi très apprécié dans le thé, la soupe ou le vin, non seulement pour ses qualités médicinales, mais aussi pour améliorer les prouesses sexuelles, bien que ces propriétés n’aient jamais été prouvées par des recherches scientifiques sérieuses. Aussi, il est accablant de constater qu’un fermier, qui auparavant étais dans l’industrie de la chasse close (chasse dans un petit espace clôturé, ce qui accroît les chances du tireur de tuer l’animal) en Afrique du Sud a été autorisé à tuer 44 de ses lions pour les exporter afin que les os des carcasses soient utilisés. Si plusieurs reçoivent cette autorisation, combien de temps avons-nous avant l’extinction complète de cette espèce?
Conséquences:
Peut-être vous dites-vous que cela n’est pas si grave, que ce n’est qu’une autre espèce en voie d’extinction. Détrompez-vous, la disparition du lion occasionnerait une augmentation considérable du nombre de ses proies comme le gnou et le buffle et cela pourrait causer le surpâturage de leur habitat. Jusqu’ici, rien de bien grave, toutefois, ce surpâturage causerait à son tour l’érosion du sol, qui, lui, causerait une mauvaise qualité de l’eau en aval, ce qui augmenterait la quantité de mauvaises herbes. Enfin, l’habitat ne pouvant plus les supporter, la taille des populations de proies s’effondrerait. Bon, un peu de mauvaises herbes et la mort de quelques proies, en quoi est-ce si dramatique? Peut-être que la dégradation de l’environnement ne vous tient pas à cœur, mais il y a aussi des répercussions économiques et sociales. Bien que l’écotourisme soit plus ou moins néfaste en polluant et en perturbant l’habitat des animaux (situation qui pourrait être grandement améliorée avec un meilleur encadrement), l’écotourisme génère environ 200 milliards de dollars par an et environ 80 milliards en Afrique. Si le lion ne faisait plus partie des safaris, il est démontré que beaucoup moins de gens viendraient en Afrique et, sans les 80 000 000 000 de dollars par an, il y aurait des difficultés économiques encore plus grandes et la pauvreté augmenterait. De plus, cela concerne seulement les problèmes économiques liés à la disparition des lions dans les safaris, car il y a aussi les pertes économiques liées à l’arrêt de la chasse de ceux-ci, à l’arrêt de la vente de leurs os, etc… Bref, voulons-nous vraiment faire face à toutes ces difficultés?

Quelques solutions: le projet Leonardo
Plusieurs solutions s’offrent à nous, entre autres les projets de Panthera: le projet Leonardo et le couloir panafricain. Panthera a été créé en 2006 avec la mission de protéger les 36 espèces de félins sauvages à travers le monde. Panthera travaille avec des biologistes spécialistes des grands félins, avec des ONG (organisme non gouvernemental), avec les populations locales et plusieurs autres. Panthera met en place des projets de protection et les supervise. Il y a aussi Kevin Richardson et son équipe qui travaillent aussi sur quelques bons projets.
Tout d’abord le projet Leonardo consiste à mettre en place des changements dans la façon de penser des habitants des zones protégées. Il veut ainsi réintroduire les espèces dans les espaces où elles avaient disparu. Le conflit entre les lions et les tribus environnantes dure depuis des millénaires, mais y atteint désormais des niveaux critiques, car les troupeaux s’agrandissent de plus en plus et s’approchent dangereusement des zones protégées. Ce projet offre aux tribus avoisinantes de réduire leurs conflits avec les lions en changeant leurs techniques d’élevage de bétail, afin de diminuer la pression de leur pâturage sur les zones protégées.
Le couloir panafricain:
Une autre solution serait de créé un corridor panafricain pour les lions. Son objectif est de maintenir l’espèce dans les régions où elle existe encore et faciliter les liaisons entre ces zones, pour permettre aux lions de circuler en sécurité entre ces grands espaces protégés, car les parcs nationaux ne sont pas des solutions efficaces à long terme pour leur survie, même si ils sont essentiels. Panthera agit principalement dans des territoires au centre du Nigeria, au sud du Soudan, en Éthiopie, en Tanzanie et au sud du Kenya, des régions où il n’est pas encore trop tard pour agir.
Kevin Richardson:

Kevin Richardson est un zoologiste sud-africain. Il a accompli plusieurs recherches sur les animaux sauvages comme les hyènes, les lions, etc. Sa mission est de changer la manière de penser des gens en les éduquant et en faisant du financement pour la préservation de ces grands carnivores. L’ultime but de sa fondation (The Kevin Richardson Wildlife Sanctury’s) est de minimiser le nombre de lions gardés en captivité. Par exemple, certains de ces animaux sont enlevés de leur milieu naturel et placés dans des clubs prévus pour voir les lions. Ces animaux vivent dans de très mauvaises conditions. Ils sont utilisés pour attirer des touristes qui croient qu’ils sont élevés avec amour et soins. Ces grands carnivores peuvent ensuite servir à la chasse close (chasse dans un petit espace clôturé, ce qui accroît les chances du tireur de tuer l’animal).
En bref, le but de ces organismes et plusieurs autres, est de protéger ces magnifiques animaux et d’en augmenter le nombre dans le plus grand des respects pour tout le monde.
Références: