Pollution radioactive
Publié le 20 février 2014 par
Par David Brunet (2008)
Pollution radioactive
Problème
Sumgayit est une ville classée au dixième rang des villes les plus polluées au monde. Sumgayit était un centre industriel soviétique majeur, regroupant plus de 40 usines de manufacture industrielle et de produits chimiques agricoles (gomme synthétique, chlore, aluminium, détergents, pesticides). Dans les années antérieures, le fonctionnement de ces usines provoquait le rejet dans l’air de 70.000 à 120.000 tonnes d’émissions toxiques par année. Plus tard, l’industrie a abandonné la ville dans un état de contamination dramatique due au fait que la production était bon marché et ne tenait pas compte de l’environnement et de la santé et la sécurité publique. Ce qui veut dire que les ouvriers des usines et les habitants de la ville avaient été exposés durant plusieurs décennies à une pollution extrêmement dangereuse. Les déchets non traités et la boue polluée par le mercure (issus des industries de chlore et d’alcalins) continuent maintenant d’être rejetés n’importe où. Le manque cruel de contrôle de la pollution et d’aide technologique ainsi que le mauvais traitement des déchets industriels accumulés au fil des années souillent la ville encore aujourd’hui.
Conséquence
Sumgayit avait l’un des taux de mortalité les plus élevés pendant la période soviétique. La maladie et la mort continuent d’y faire de nombreuses victimes. Une étude menée conjointement par le PDNU (Programme de Développement des Nations Unies), l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le Ministère de la Santé de la République d’Azerbaïdjan et l’Université d’Alberta a montré que les habitants de Sumgayit présentaient des taux très élevés de mortalité et de cancer. Voyons maintenant quelle est la cause de ces nombreux cancers. En 2003, des scientifiques du Centre de Recherche médicale sur l’uranium (UMRC en Anglais) ont fait une analyse d’urine de civils afghans. Résultat, 100 % des échantillons contenaient de l’uranium non- appauvri (NDU) dans une proportion de 4 à 20 fois supérieure aux niveaux normaux. L’uranium non appauvri (NDU, non-depleted uranium) est plus radioactif que l’uranium appauvri (DU, depleted uranium).L’équipe de recherche de l’UMRC a examiné six lieux, deux à Kaboul et les autres dans le secteur de Jalalabad. Pour ce qui est des civils Afghans, ils ont été examinés quatre mois après les attaques des États-Unis et leurs alliés. La ville a donc été polluée pendant plusieurs années par les industries durant la période soviétique, mais que faisons-nous aujourd’hui aidons nous au problème ou est-ce que nous continuons de polluer ? La majorité des armes états-uniennes (fusées, bombes « intelligentes », bombes « aveugles », balles, obus de chars, missiles de croisière, etc.) sont équipés d’une pointe en uranium radioactif, appauvri ou non appauvri. La détonation de ces projectiles disperse une poussière radioactive. La poussière radioactive est disséminée par les tempêtes de sable ou dispersée par tout point d’eau se trouvant à proximité, contaminant les êtres humains par inhalation. Une fois ingérée, elle développe des particules sub-atomiques qui attaquent l’ADN, pour demeurer dans l’organisme. Leuren Moret, présidente des Scientifiques pour les Peuples Indigènes et de la Commission Environnementale de la ville de Berkeley, a démontré que les éléments radioactifs des armes à l’uranium, dispersés lors de l’opération militaire des États-Unis en Afghanistan, ont généré une pollution de l’air, de l’eau et des ressources alimentaires, dont les effets se feront sentir en Iran, au Pakistan, en Turquie, au Turkménistan, en Ouzbékistan, en Russie, en Géorgie, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, en Chine et en Inde. Mais quelles sont les conséquences de la radioactivité ? Les victimes ont rapporté des douleurs dans la colonne vertébrale, dans la partie supérieure des épaules et à la base du crâne, des douleurs faibles derrière les reins, une faiblesse musculaire et au niveau des articulations, des difficultés pour dormir, des maux de tête, des problèmes de mémoire, de la désorientation et des problèmes congénitaux chez les nouveau-nés. Il y mêmes des bébés qui naissent sans cerveau, les organes sont hors du corps, et les femmes mettent au monde des « morceaux de viande ». Mais ce n’est pas tout, même les soldats états-uniens retournent à la maison malades !
Solution
En juin dernier, la Faculté des Sciences et de Technologie de l’Université de Coimbra (FCTUC) a annoncé son intention de tester sur le terrain un échantillon de plantes capables, de manière rapide et économique, de « dévorer » l’uranium et de dépolluer les eaux contaminées. Cette découverte récente s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche, nommé « Décontamination des cours d’eau par des plantes hyper-accumulatrices », étudiant la callitriche stagnalis. Cette plante s’avère capable de réduire de moitié le taux d’uranium polluant un cours d’eau, en l’espace de 24 heures, selon le processus de phyto-remédiation.Il y a quelques années, le gouvernement d’Azerbaïdjan a obtenu une aide internationale pour la réhabilitation économique et environnementale de la ville, de la part d’organisations des Nations Unies, comme le PDNU (Programme de Développement des Nations Unies) et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Le PDNU a aidé à la création du Centre pour la Réhabilitation Environnementale de Sumgayit pour rechercher et définir les priorités des problèmes environnementaux et proposer des solutions. Voici un court résumé de l’aide fourni par les Nations Unies.
Assistance proposée : 5,5 millions de dollars, dont 4 millions de dollars imputés sur le budget ordinaire et 1,5 million de dollars provenant de ressources multibilatérales et/ou d’autres ressources, y compris les ressources ordinaires. Durée du programme : 5 ans (2000-2004). Puis, en 2003, la Banque Mondiale a mobilisé 2,7 millions de dollars pour un projet de nettoyage d’une usine de production de chlore dans laquelle 1.566 tonnes de mercure avaient été déversées, en y construisant un remblai sécurisé. D’autres projets internationaux soutenus par la Grande-Bretagne et le Japon ont également eu lieu. Le rapport indique également que 20% des usines polluantes de l’ère soviétique fonctionnent encore et des négociations ont lieu pour leur fermeture. Mais, même si toutes les industries polluantes étaient fermées, il resterait un important travail de nettoyage à faire. Deuxièmement, il serait bon que les États-Unis se retirent d’Irak pour éviter de faire plus de dommages qu’il y en a déjà et, au lieu d’acheter des bombes, fournir de l’argent pour décontaminer l’Irak et ses alentours.
Référence