L’Amazonie en péril pour l’or noir

Publié le 9 mai 2014 par

Par Samuel Cormier et Celia Villafane Bernier (2014)

L’Amazonie en péril pour l’or noir

Il est récurrent d’entendre parler de notre planète, de ses enjeux, de ses problèmes liés à notre ignorance humaine. Les mises en garde sont de plus en plus nombreuses, drastiques, importantes et pourtant si ignorées. C’est ainsi que fonctionne notre système dorénavant : produire plus, pour plus, pour plus d’inutilités. Les messages d’avertissements percutent sans cesse notre quotidien, mais beaucoup sont ceux qui les contournent, ferment les yeux.

Les conséquences sont d’un grand nombre, beaucoup plus grand que certains ne peuvent l’imaginer.  L’une des conséquences dont nous parlent les groupes environnementaux sont sans conteste celles qui menacent les forêts (mais le problème n’a pas encore trouvé sa cure).   Et vous ne cesserez d’en entendre parler si nous ne faisons rien. Pourtant, le sujet de cet article n’est qu’un prélude sur ce problème et l’éventail (quoique cet éventail soit fermé) de solutions.

Si vous deviez nous nommer le nom d’une forêt, quel nom diriez-vous? Quel nom vous vient tout de suite en tête? En ce qui concerne cet article, nous vous informerons sur l’Amazonie, mais les enjeux sont généralement tous les mêmes pour tous les secteurs de notre planète.

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Elle crie: «Au secours!»

«À toutes les 4 secondes, l’équivalent d’un terrain de football (Soit 5 400 m₂) disparaît en Amazonie», déclare le site raoni.com. Si cela n’est pas alarmant, choquant ou même fascinant, peut-être avons-nous trouvé la réponse au manque de mains levées pour agir. Toutefois, la problématique va beaucoup plus loin, comme un jeu de domino où le dernier à tomber déclenchera cette bombe à retardement. Le sol de l’Amazonie se desséchera et mourra, l’ensemble du climat sera dévasté,  si 60% de la végétation amazonienne venait à disparaître. Les spécialistes prévoient que 42% de cette flore d’Amérique du Sud sera anéantie d’ici 2020. Cette bombe devrait éclater dans 10 à 20 ans si nous ne faisons rien dès maintenant.

Auparavant, au XIX siècle, la forêt amazonienne recouvrait plus de 16 millions d’hectares, dorénavant 5.5 millions d’hectares subsistent toujours (par contre, grâce au reboisement, les pertes forestières sont moindres). Malheureusement, les enfants du XXI siècle assisteront sûrement à la dernière coupe du dernier arbre d’une des dernières forêts primaires de la Terre. Les scientifiques annoncent la disparition de cette forêt dans 40 ans maximum. De plus, 30% des arbres sont réellement utile pour des fins commerciales. La grande majorité des coupes seraient par conséquent complètement inutile, puisque la majorité des arbres sont trop «petits» ou bien «fragiles» et «peu satisfaisants» et doivent donc être écartés du chemin pour ouvrir la voie des camions qui circulent et pour avantager les arbres qui satisfont les demandes commerciales (la coupe sélective). La coupe à blanc est, bien entendu, cause de ce problème aussi.

Trop souvent, les gens oublient l’importance qu’a notre flore sur notre écosystème. Elle n’est pas là seulement pour nos petits besoins respiratoires, il ne faut pas simplement justifier son existence pour cela. La végétation de notre planète soutient nos sols sous nos pieds. Grâce à ses racines, nos chères petites maisons évitent grand nombre de glissements de terrain, d’avalanches et aident à la stabilisation des dunes de sables…Que ferions-nous sans leur aide gratuite?

L’Amazonie est en danger critique et le gouvernement équatorien en avait pris conscience et s’était mobilisé à défendre cette ressource, avec le programme Yasuni-ITT.

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Une audacieuse innovation

Cette solution était innovante, originale, audacieuse. Rafael Correa, président de l’Équateur, avait lancé l’idée d’une «coopération mondiale». Cette innovation appelait la communauté internationale à donner des fonds pour la protection du parc Yasuni (qui fait partie de la forêt amazonienne), patrimoine mondiale de l’UNESCO.

Afin d’éviter l’extraction du pétrole qui se trouvait sous le parc et d’éviter la libération de 410 millions de tonnes de CO₂, la coupe à blanc et la destruction de l’environnement de centaines d’espèces vivantes et de 3 communautés autochtones, Mr. Correa proposait aux plus grands consommateurs pétroliers, soit les pays qui brûlent le plus de pétrole, d’aider. De plus,  Le PNUD (programmes des nations unies pour le développement) avait signé un accord avec le gouvernement équatorien afin d’administrer les fonds (avec l’accord des pays donateurs) et d’ouvrir un fond d’affectation spécial pour recevoir les contributions internationales.

Puisque l’économie de ce pays dépend  de l’extraction de pétrole, que 20% de cette ressource se trouve dans la réserve, que le pays est endetté, qu’il lui manque 4 milliards de dollars pour poursuivre ses réformes sociales et qu’il se prive donc d’un revenu important, Rafael Correa demandait une aide financière. L’Équateur demandait 3,6 milliards de dollars en l’espace de 12 ans (sachez que ce plan a eu lieu en 2007, avec le soutien de l’ONU). Ceci représentait un ultimatum aux pays consommateurs. Une mise en garde, autrement l’Équateur n’aura d’autre choix que d’exploiter Yasuni et de détruire cet oasis. Ainsi, 410 millions de tonnes d’émission de CO2 seraient évitées. Cette oeuvre avait pour simple but de sensibiliser autrui face à cet endroit qui garde une des plus grandes biodiversités au monde et qui accueille 3 communautés autochtones (2 vivraient en isolement volontaire).

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Plusieurs pays ont contribué pour ce projet inusité, comme le Chili, l’Espagne, la France… Par contre, le montant n’a pas été  atteint. 13 millions ont été obtenus et 116 millions promis,  soit un déficit de 3 471 000 000 milliards de dollars.  Et à cause de ce manque de coopération, le projet Yasuni-ITT a dû être annulé.

Même si certains prévoyaient cet échec, d’autres soulignaient que Yasuni ITT était « une proposition pionnière et innovante, une alternative aux discussions dominantes au niveau mondial »(Matthieu Le Quang, chercheur en sciences politiques à Quito). 

Par conséquent, l’extraction de l’or noir aura lieu sous peu. Par contre, la communauté équatorienne se mobilise pour protéger son patrimoine. Suite à un sondage, 83% des Équatoriens appuyaient la non-extraction du pétrole. Un référendum populaire sera donc organisé pour discuter des enjeux de Yasuni.

Pour de plus amples informations, visitez:

http://envol-vert.org/archives/deforestation-cause-tropicale-amazonienne

http://www.spbestrie.qc.ca/fr/public/archives/amelioration.pdf

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,energies,energies_fossiles,yasuni_itt_equateur_abandonne_son_projet_non_exploitation_petrole.jsp

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/08/16/equateur-yasuni-itt-ou-l-echec-de-la-non-exploitation-du-petrole_3462373_3222.html