Les sources d’eau en Corée du Sud
Publié le 21 février 2014 par
Par Lisa Poirier et Émilie Brunet (2011)
Les sources d’eau en Corée du Sud
La question d’environnement ne se pose plus et, ce, dans n’importe quel pays. La Corée du Sud, pays asiatique à la situation économique bien aisée, n’échappe bien évidemment pas à cette règle. Quelque chose d’une importance vitale est notamment victime de cette pollution, une ressource naturelle sans laquelle la vie n’aurait pas lieu : l’eau douce. Il existe deux principaux cours d’eau majeurs qui servent aussi de réservoirs pour la société coréenne, le plus long fleuve, Nakdong, d’une longueur totale de 521 km, et le fleuve de 514 km, Han, qui traverse Séoul, la capitale de la Corée du Sud. Chacun de ces deux fleuves, comme n’importe quelle autre source d’eau douce de la République de Corée, est littéralement empoisonné, que ce soit par l’eutrophisation ou n’importe quel autre type de pollution aquatique.
Un taux inquiétant, mais qui s’améliore
La pollution des fleuves et de n’importe quelle autre source d’eau en Corée du Sud devient, malheureusement, de plus en plus importante. En 2008, on enregistrait une émission de pollution de l’eau de 318 875 kg par jour, une diminution importante quant aux chiffres enregistrés en 1990, qui étaient de 366 912 kg par jour, ce qui reste, tout de même des chiffres inquiétants. Par exemple, la quantité totale produite par jour au Canada avait connu une quantité record d’un taux aussi bas que 272 409 kg, un pays qui a, d’ailleurs, une superficie dix fois plus grande que la Corée du Sud. Bien sûr, il existe des chiffres beaucoup plus inquiétants dans d’autres pays, avec une superficie pratiquement identique au pays du matin calme, comme l’Angleterre, un voisin à l’opposé de la Corée du Sud sur le continent de l’Eurasie, qui avait atteint en 1994 un taux impressionnant de 690 408 kg par jour, soit le double des records battus en 1992 par la République de Corée. Il faut comprendre que les raisons de la diminution considérable de la quantité totale d’émissions polluantes produites dans l’eau en Corée du Sud, soit près de 15% en quinze années, est due en grande partie à l’intervention spécialisée du gouvernement Sud-Coréen.
Les Coréens se posent des questions
Les épandages agricoles excessifs riches en engrais faits d’azote et de phosphore ainsi que les rejets industriels et urbains contenant de l’ammonium et des nitrates contribuent à l’eutrophisation qui cause de grands problèmes d’algues dans certaines régions et une menace terrorisante de la destruction des écosystèmes aquatiques. Réalisant bien vite l’ampleur du problème et les possibles conséquences pouvant s’y rattacher, par exemple l’accroissement du taux de maladies hydriques rapportées, comme ce pays fournit plus de 90% de l’eau potable à sa population, la Corée du Sud ne pouvait bien évidemment pas rester de marbre face à cette situation critique. La totalité des eaux souterraines dont la qualité n’atteignait plus les standards ne cessaient d’augmenter, passant de plus de 3.6% en 2003 à 6.3% en 2006, soit pratiquement le double en l’espace de trois ans. De plus, avec les changements climatiques et la croissance de la population, les Coréens en sont venus à se demander s’ils auraient suffisamment d’eau dans le futur. Officiellement, à cause d’une consommation qui augmente de 388 litres par jour par habitant en 1999 à 411 litres en 2011 et à cause de la densité de population la plus élevée du Monde (500 hab/km²), la Corée du Sud est un pays en pénurie d’eau. Heureusement, de nombreuses règles ont été mises en place, les solutions trouvées par les industries coréennes ont été tout aussi efficaces dans les nouveaux objectifs posés en 1998 et en 2002 au sujet des divers cours d’eau coréens et de la préservation de ceux-ci.
Les solutions dans la péninsule Coréenne
De nombreux projets et lois ont été intégrés à partir de 1989, mais sans aucune stratégie spécifique ni organisation bien structurée. C’est en 1998 que des mesures sont réellement prises pour chaque bassin des fleuves. Des objectifs précis sont mis en place, les gouvernements locaux décident de coopérer dans la gestion des eaux, diverses mesures de précaution sont prises et des institutions pour la préservation de leur eau potable sont fondées. Grâce à ces solutions, le taux de phosphore et d’azote (NITROGEN) est passé de près de 2.4 mg/l DBO* en moyenne en 1998 à 2.1 mg/L en 2007 pour les deux principaux cours d’eau, les fleuves Nakdong et Han et d’une diminution de la pollution générale de l’eau de 15% de 1990 à 2005. Que ce soit en traitement des eaux usées, en valorisation des boues d’épuration, en gestion, distribution ou traitement de l’eau potable, en dessalement, recyclage des eaux usées ou la recharge des nappes phréatiques, les solutions temporaires sont nombreuses, profitables et devenues nécessaires pour la Corée du Sud. Toutefois, elle a besoin de solutions profitables à long terme, aussi bien pour l’avenir de sa population que pour la question environnementale de l’eau.

Ce qui pourrait être envisagé
D’autres solutions, françaises pour la plupart, pourraient aussi être apportées dans la péninsule coréenne. La nanotechnologie intègre peu à peu les marchés et pourrait séparer le sel de l’eau et ainsi la purifier, offrant de plus grandes quantités d’eau potable de façon efficace et abordable, non seulement pour la Corée du Sud, mais aussi pour le reste de la planète, car il faut se rappeler que l’eau douce sera, dans un avenir rapproché, un enjeu mondial. Plus en détails, la nanotechnologie se sert de membranes nanoporeuses dont la grosseur, en nanomètres, varie selon le type de particules indésirables à filtrer dans l’eau. La plupart du temps, les membranes nanoporeuses sont faites à partir de métaux tels le titane, le fer, l’aluminium et le cérium. On parle alors de nano-membranes ayant le pouvoir de filtrer l’eau inconsommable pour la rendre potable. Les nano-membranes sont plus efficace que les filtres normaux, car elles arriveraient à éliminer certains virus trop petits pour être filtrés par les autres filtres. De plus, les coûts pour cette technologie seraient abordables, voire même moins coûteux que quelques méthodes de purification déjà existantes. Avec, entre autres, la possibilité future de pouvoir dessaler l’eau à la base non potable et d’éliminer les métaux qui se sont retrouvés dans l’eau, toutes les raisons sont bonnes pour inaugurer la nanotechnologie dans le domaine de l’or bleu à l’échelle nationale dans un futur très rapproché. Un exemple amusant mis sur pied par des scientifiques consiste à déposer un de ces filtres de nanotechnologie de la taille d’une poche de thé dans un verre d’eau. Cette poche de thé serait constituée de granules de carbone qui enleveraient toute trace de produits chimiques et, ce, de manière rapide et à un prix intéressant pour les pays pauvres au prise avec un problème d’eau douce. Il existe aussi l’idée d’une solution très innovatrice contre la dégradation des sources d’eau, l’hydromorphologie. L’hydromorphologie, une solution encore méconnue et pas encore réellement exploitée pour la préservation de l’eau, est l’étude de la morphologie des cours d’eau et des variables hydrauliques qui conditionnent une masse d’eau. Elle vise à définir la forme des bassins hydrographiques, leur densité et l’organisation du drainage. Cette étude pourrait permettre de mieux comprendre l’état écologique des cours d’eau et d’ainsi pouvoir savoir la préserver avec justesse.
Tout le monde est touché
Il est évident que l’eau potable deviendra la principale source de conflits et d’enjeux environnementaux aux cours des prochaines décennies sur la planète, protéger et réinstaurer la qualité des sources d’eau potable tant que nous le pouvons toujours devient donc un important sujet à gérer rapidement. Des pays surpeuplés comme la Corée du Sud, même s’il s’agit d’un pays aux ressources en eau douce des plus importantes sur la planète, devront, tôt ou tard, faire face à cette crise imminente eux aussi, mais, heureusement, les mesures mises en place par des prises de conscience un peu tardives pourront peut-être toutefois éviter la dégradation de l’eau. Si l’on ne protège pas ce qui est à la base de la vie sur Terre, c’est toute une pyramide qui s’écroule et l’Homme ne peut évidemment pas y échapper.

*DBO (Demande Biologique en Oxygène)[en anglais : « Biochemical Oxygen Demand » (BOD)]. Cet indicateur constitue un standard permettant d’évaluer le niveau de pollution d’un volume d’eau.