Lutter contre la pyrale du maïs à l’aide de drones

Publié le 20 avril 2019 par

Noémie Larose et Jonathan Daigneault  (2019)

Les drones, sauveurs du maïs

L’utilisation d’insecticides dans les champs de maïs est une pratique assez courante dans notre société moderne. Ces insecticides peuvent permettre d’empêcher certains insectes de dévorer nos champs. Cependant, les pesticides communs tels que les néonicotinoïdes (les « néonics »), le type d’insecticide le plus utilisé au monde, qui agissent sur le système nerveux central des insectes causent des soucis de santé aux consommateurs qui mangent les produits.

Concentrons-nous maintenant sur un problème précis : la pyrale du maïs.

Les pyrales


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La pyrale du maïs compte trois transformations durant sa vie : de l’œuf à la chenille, puis à la chrysalide et enfin au papillon. C’est sous la forme de chenille que la pyrale passe la majeure partie de la saison hivernale à l’intérieur ou près de la plante. C’est alors que les épis et les rafles de maïs (la partie femelle où les grains se transforment lors de la maturation de la plante) sont en danger, puisque ceux-ci deviennent la source principale de nourriture de la chenille qui hiverne. De plus, on peut aussi trouver cette espèce de papillon à l’état de chenille dans d’autres plantes, telles que les graminées à grosses tiges comme le Lagurus ovatus et divers légumes.

Les larves peuvent entrer dans l’épi par le sommet et causer des dégâts importants en rongeant les grains. Elles peuvent atteindre une longueur de 2,5 cm à la fin de leur croissance. Les chenilles se nourrissent de la moelle des tiges, perturbent le développement du maïs et favorisent la contamination des épis et des rafles par des champignons tels que les Fusariums, responsables d’une maladie des plantes appelée  « fusariose », ce qui entraîne la perte des récoltes de certains agriculteurs et de grandes conséquences économiques. Alors, l’usage de pesticides devenait important, du moins, avant la solution imaginée par Frédéric Jean! 

Une solution bio


Frédéric Jean et ses associés ont décidé, grâce aux nouvelles technologies, «d’attaquer le feu par le feu.» En effet, ils ont eu l’idée d’employer une autre espèce d’insectes pour éliminer cette menace. À l’aide de drones, ils larguent des milliers de petites guêpes en phase terminale d’éclosion, au moment où les guêpes sont prêtes à éclore, mais encore dans leur œuf. Les guêpes utilisées sont des trichogrammes, une espèce de parasitoïdes oophages (organismes se développant aux dépens d’œufs). La larve de ce type de parasites se développe à l’intérieur de l’œuf de l’insecte-hôte (la pyrale), dont l’embryon est tué. Cet embryon mort sert alors de nourriture à la larve du trichogramme et assure le bon développement de celle-ci jusqu’à sa métamorphose en imago (insecte parfait, adulte). Puis la guêpe mène une vie consacrée à l’accouplement et le cycle recommence.                                                        source 

Cette solution permettra à plusieurs agriculteurs de protéger leurs champs de maïs sans l’utilisation de pesticides polluants ou nocifs pour la santé. Frédéric Jean et ses associés ont testé avec succès cette solution dans un des champs se trouvant à Saint-Polycarpe, un petit village situé au Sud-Ouest de Montréal.

Les désavantages

Cette solution possède malheureusement quelques désavantages notamment le prix pour les œufs de guêpes et pour le dronotique (la personne responsable du drone). De plus, elle ne peut être utilisée tous les jours. Cela exige de bonnes conditions météorologiques et un vent pas trop puissant au moment du largage des guêpes. Il faut aussi ne pas oublier le problème possible de surpopulation des trichogrammes que cette solution peut engendrer , comme avec la coccinelle asiatique qui a littéralement envahi l’Amérique du Nord depuis son importation aux États-Unis pour éliminer les pucerons dans les champs. Ces coccinelles ont vite débarqué au Québec où elles se sont installées.

source                              coccinelles asiatiques

insecticides                   ontario.ca

radio-canada                  trichogramme