16 coyotes pour un manteau
Publié le 24 avril 2019 par
Cassandra Lecompte et Amélie Trépanier (2019)
16 coyotes pour UN manteau !
Connaissez-vous les fameuses marques luxueuses qui vous offrent de beaux manteaux faits avec de la vraie belle fourrure qui vous garde au chaud? Les aimez-vous au point de tuer en quantité industrielle des animaux? En achetez-vous sans vous rendre compte de ce que l’animal a vécu : capture et souffrance simplement pour la fourrure?
Cruauté animale
750 000 animaux sont trappés, par année, au Canada. Choqué? Vous n’avez encore rien vu. Beaucoup trop de personnes croient que ces animaux meurent subitement sans souffrance et qu’ils sont traités de façon humaine.
Pour commencer, on pourrait demander à certains trappeurs d’avoir un peu plus de pitié pour eux. En effet, les trappeurs installent des pièges, qui peuvent parfois dater d’une autre époque, pour les attraper et qui les font souffrir. Par exemple, ils utilisent :
-le piège à lacet: celui-ci piège l’animal par le cou et le serre pour l’étrangler,
-le piège du type Conibear : 2 lames sont utilisées pour briser les vertèbres cervicales de l’animal,
-le piège à mâchoires : une fois activé, il se referme sur un membre de l’animal (normalement la patte) et peut facilement lui sectionner un membre. Ce piège est d’ailleurs interdit dans plusieurs pays à cause de la souffrance qui est infligée aux animaux. Malheureusement, au Canada, ce piège n’est pas encore interdit.
Si les animaux ne sont pas tués sur le coup, ceux-ci peuvent souffrir d’hémorragie, de déshydratation, de faim ou même de gangrène. Certains sont si désespérés qu’ils vont jusqu’à mutiler leurs membres en échange de leur liberté. Certains survivants peuvent être étranglés, écrasés au sol ou même battus à mort. Par contre, l’utilisation d’un fusil est souvent la méthode choisie pour tuer les bêtes, ce qui est beaucoup moins souffrant.

Les oies ne sont pas épargnées
La garniture utilisée pour les manteaux, telle que ceux de la marque Canada Goose, est composée essentiellement de plumes d’oies. Plusieurs méthodes existent pour déplumer ces oies. Par exemple, la méthode standard, appelée plumage à vif, consiste à arracher les plumes des oies conscientes pouvant créer de cruels dommages pour ces animaux. Les plaies sont par la suite cousues, sans anesthésie, par les ouvriers. L’arrachage de la plume sur l’animal mort est une autre méthode qui consiste, par contre, à déplumer l’oie déjà abattue, en la plongeant dans un bain de cire pour lui en retirer toutes ses plumes.
Ce lien présente une vidéo où l’on vous montre ce que vivent ces oiseaux.
Âmes sensibles s’abstenir.
Cliquez ici pour regarder la vidéo.
La fourrure dite écologique? Un mythe
Saviez-vous que, contrairement à ce que plusieurs pensent, les manteaux de fourrure ne sont pas du tout écologiques? Au Canada, 85% des fourrures produites proviennent de fermes d’élevage qui sont très mauvaises pour l’environnement. Pour la production, celles-ci utilisent de grandes quantités de ressources, comme l’eau, lors de certaines étapes comme le rinçage de la fourrure, ainsi que le pickelage avec un mélange d’eau et de vinaigre pour préparer au tannage. Ces usines rejettent également une grande quantité de CO2 dans l’atmosphère. Par la suite, ces fourrures sont traitées avec plusieurs produits chimiques, par exemple: le formaldéhyde et le chrome, des produits dangereux utilisés pour obtenir une meilleure qualité esthétique et une plus grande durabilité. Certaines de ces substances toxiques sont cancérigènes et néfastes, surtout pour les travailleurs. Ceux-ci y sont exposés en permanence et donc, il y a de plus grands risques qu’ils soient affectés, par exemple en développant une leucémie, ou en ayant des problèmes avec leurs voies respiratoires. Pour finir, ils utilisent toutes sortes de teintures chimiques pour assurer une belle finition.

Une solution? La plante d’asclépiade.
Oui, oui, cette plante peut parfaitement vous garder au chaud, sans même avoir à tuer de pauvres bêtes innocentes. L’asclépiade, aussi nommée soie d’Amérique, est considérée comme une mauvaise herbe très envahissante. En fait, ce qui nous intéresse dans cette plante, c’est la qualité unique de sa fibre, elle est un excellent isolant thermique et elle est imperméable. L’asclépiade peut vous tenir au chaud même sur l’Everest. De plus, celle-ci peut dépolluer nos océans, puisque cette plante a la capacité d’absorber l’huile et non l’eau, ce qui permet l’utilisation de celle-ci lors des déversements de pétrole. Cette plante a la faculté de pousser facilement d’elle même, donc elle ne nécessite aucun produit chimique et aucun arrosage. Cela signifie que la quantité de pesticides qui est déversée dans les océans, le plus souvent par les cours d’eau ou par le vent, n’augmentera pas.

Une première pour l’industrie du manteau
À Mascouche, au Québec, les premiers manteaux en soie d’asclépiade ont été mis sur le marché en 2016. Une compagnie québécoise a été la première à réussir à produire ces manteaux 100% écologiques. Les prototypes de ces manteaux avaient été testés dans une petite industrie de Victoriaville et, très vite, ils se sont montrés efficaces en terme d’isolation thermique. «C’est une fibre qui est légère et qui emmagasine bien la chaleur, ce qui nous permet de concevoir des manteaux à la fois chauds et qui sont près du corps», explique le directeur général de la compagnie, Jean-Philippe Robert.
Un peu d’histoire…
Redécouverte par un ingénieur québécois, cette façon de fabriquer les manteaux était auparavant utilisée pour l’étoffe des rois au XVIIe siècle. Le «Traité des asclépiades», qui aurait été publié en 1810 par Sonnini de Manoncourt, membre de la Société royale d’agriculture de Paris, est un vrai trésor. À sa lecture, on comprend que l’asclépiade n’est pas une mauvaise herbe inutile, elle est unique et a déjà fait ses preuves. Il n’y a pas si longtemps, les Amérindiens l’utilisaient pour toutes sortes de choses : sa tige pour faire du cordage, ses racines comme contraceptif et même sa sève pour éliminer les verrues! Ces techniques furent transmises aux premiers explorateurs français. Louis XV en fût ravi, il l’utilisa et avait comme plan de l’exploiter. Malheureusement leur échec à la bataille des plaines d’Abraham les obligea à enterrer ce projet.
Source:
parismatch
fourrure-torture
lookdujour
marchecontrelafourrure
latribune
radio-canada
sanscruaute.ca
petafrance
fédération.canadienne.de.la.faune
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