Au cœur de l’océan
Publié le 5 mai 2018 par
Par Caroline Bourque et Novalee Hyatt (2018)
Au cœur de l’océan
Soirée de sushis? Raviolis aux fruits de mer? Avec le rythme rapide d’acidification des océans, on oublie vite ça! On estime que trois quarts de nos coraux seront dans un état critique d’ici le milieu du siècle, d’après la journaliste France Beaudoin. Ceux-ci ont un impact environnemental important sur 25% à 40% de nos pêcheries mondiales. Sans les coraux, auxquels plus d’un million d’espèces animales et végétales sont associées, le secteur marin s’effondre. Quel est le responsable?

L’acidification: un élément déclencheur dangereux
Les gaz à effet serre, notamment le CO2, on en entend toujours parler, mais connaît-on vraiment leurs effets dévastateurs? Le CO2 émis par les activités humaines est absorbé et dissous par l’océan, ce qui augmente le taux d’acidité. Celui-ci a monté de 30% depuis les deux derniers siècles et pourrait monter de 120% d’ici 2060. Cette acidification mène à une diminution de carbonate de calcium dans nos océans. Ceci peut affecter plusieurs organismes vivants. Les coraux, les poissons, les oursins, les étoiles de mer, les moules et les homards ont tous besoin du carbonate de calcium pour produire leurs coquilles et leurs squelettes. Cette molécule est donc essentiel au développement de la vie. De plus, le plancton, la base d’alimentation de plusieurs espèces, a besoin de carbonate de calcium pour vivre. Sans carbonate de calcium, la quantité de plancton régressera énormément, ce qui pourrait mener à un déséquilibre important des chaînes alimentaires.

Des efforts en Floride
Pour contrer ces effets ravageurs, les citoyens de l’État de la Floride ont fait des investissements majeurs pour nettoyer les fonds marins et régénérer de nouveaux herbiers marins, en réintroduisant des plantes aquatiques vivant dans des eaux peu profondes qui permettent d’abriter plusieurs espèces marines. Lentement, mais sûrement, ces algues marines ont repris leur place. Peter Clark, président fondateur de la Tampa Bay Watch, déclare: « La restauration des herbiers permet de jouer un rôle crucial de protection contre l’acidification des océans». Les herbiers absorbent le CO2 et diminuent donc le taux d’acidité. On constate aussi que, dans les prairies sous-marines de la Baie de Tampa, l’acidification diminue rapidement grâce à des efforts soutenus par les citoyens. Des espèces qu’on ne voyait plus, comme le dauphin et le lamantin, sont de retour dans le eaux de la Baie de Tampa.

L’influence s’étend plus au sud de la Floride: un chercheur, David Vaughan, tente de trouver une solution pour sauver les coraux. Les récifs coralliens meurent à petit feu et ce, pour plusieurs raisons : la hausse de la température, la pollution, la surpêche, les maladies et surtout l’acidification. Vaughan a démontré qu’en brisant des coraux en plusieurs morceaux, ils croissent, en captivité, de façon foudroyante. Ils atteignent leur taille adulte en 2 ans. En milieu naturel, cela leur prend 25 ans. Le jeune scientifique a ensuite, à l’aide de bénévoles, transplanté ces coraux au large de Key West, un lieu connu pour ses récifs.
Et moi, qu’est-ce que je peux faire?
Nous devons éviter de prendre cette situation à la légère et réagir pour sauver notre faune marine. Comment y arriver? Pour vous aider, il existe un geste simple que nous pouvons tous poser.
Il s’agit de réduire notre consommation de viande. Un rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture en 2006 dévoile que l’élevage répand plus de GES (Gaz à Effet de Serre) que toute autre activité. En 2015, l’élevage aurait produit 21% de GES de plus que toutes les formes de transport réunies. Néanmoins, pas de panique pour ceux qui aiment manger de la viande. D’après des études menées par Discovery News, s’abstenir de manger de la viande une seule fois par semaine permet d’économiser 7ooo litres d’eau et diminue notre production de gaz à effet de serre. Autrement dit, se contenter de pâtes, de salades et d’autres bons repas sans viande pour un seul repas, c’est diminuer notre production de GES d’une quantité qui équivaut aux GES produits par une voiture sur 500 km.
Certes, il y a plusieurs façons d’aider notre planète et nous les connaissons déjà : recyclage, compost et plus. Il faut maintenant, tous ensemble, les appliquer. Il n’est pas trop tard pour faire un changement.
Références :