Des algues dans nos moteurs
Publié le 23 février 2014 par
Par Quentin Duret et Alexandre Latour (2012)
Des algues dans nos moteurs
Nous sommes aujourd’hui dans l’obligation, si nous voulons survivre en tant qu’espèce, de réduire drastiquement nos émanations de gaz à effet de serre. Par contre, même en étant avertis qu’une simple augmentation de 2 degrés (qui va probablement arriver d’ici la fin du siècle) pourrait avoir des conséquences dramatiques, telles une hausse accrue des eaux, nous comsommons de plus en plus. En 2008, nos émissions totales de dioxyde de carbone atteignaient 29,3 gigatonnes, en 2010, c’est devenu 30,1 gigatonnes, soit une augmentation de 4,5% en deux ans ! Un des principaux acteurs de cette pollution est le secteur des transports, qui, en France atteignait 26% des émissions totales. Et ça augmente encore ! Cette augmentation est liée à un effet de masse et un effet de parc. D’un côté, on construit toujours plus de voitures pour satisfaire la demande, de l’autre, on construit des voitures plus grosses et polluantes.
crise de carburant, nouvelles solutions
À l’aube d’une crise pétrolière, on cherche des substituts à ce carburant. Plusieurs solutions nous sont venues en tête : la liquéfaction du charbon, du méthane (très polluant), l’extraction du pétrole des sables bitumineux albertains (l’extraction pose encore plus de problèmes que pour du pétrole ‘’naturel’’), etc. Par contre, la pollution générée par ces carburants ne fait qu’aggraver le problème. De plus, ces carburants sont non renouvelables. Donc, aujourd’hui, certains se tournent vers les biocarburants, substances faites à partir d’huiles végétales. Étant faits de matières organiques, ils sont donc renouvelables, même si leur production a plusieurs impacts. Des solutions comme l’éthanol génèrent autant de problèmes économiques et sociaux, parce que l’éthanol est produit par l’agriculture et réclame plus de terrains et que de grandes quantités de pesticides, d’engrais et de carburant sont utilisées pour produire les céréales requises, ressources qui pourraient être utilisées pour enrayer les crises alimentaires et économiques. L’avantage de l’éthanol, c’est qu’il est renouvelable, mais cela ne l’empêche pas de polluer ou de nuire au développement de la société.
Pourtant les autres solutions foisonnent de toutes parts, mais, malheureusement, peu d’entre elles sont développées, la majorité des cas par manque de budget ou par manque d’intérêt des grandes compagnies de carburant. Pourtant, elles ont tout de même du potentiel. Reste à se pencher sur le sujet. En Espagne, dans leur quête des énergies renouvelables, la compagnie Bio Fuel systems (BFC), société basée à Alicante, a développé un procédé de biocarburant fait à partir d’algues. Le procédé est en fait le simple principe de photosynthèse. Les micro-algues absorbent les émissions de CO2 que l’on dégage à partir de nos combustibles fossiles ou d’autres sources d’énergie émettant du CO2. La centrale est alimentée par la lumière du Soleil et aussi par un champ électromagnétique (produit par des électro-aimants) dans le but d’absorber une plus grande quantité de polluants. La centrale absorbe ainsi une partie de la pollution de l’air pour générer le carburant. De plus, les algues requises font souvent partie de la liste des algues nuisibles pour les écosystèmes à cause de leur nombre effarant dans les rivières où nous déversons nos polluants (engrais, pesticides, déchets, etc.) Elles prennent la place des autres espèces, monopolisant l’endroit où elles se trouvent. Ces algues sont également faciles à récolter près des villes côtières ou riveraines. Le bio-pétrole algal a l’avantage que sa production n’interfère pas dans les ressources alimentaires de certains pays. En effet, la culture de soja, de colza ou de canne à sucre à des fins énergétiques se fait au détriment de leur production comme ressource alimentaire. Cette production pourrait enrayer la famine. Les seules conditions au développement d’une centrale au bio-algues seraient : la chaleur et la lumière, une quantité d’eau importante (polluée ou non), de l’électricité (les installations prévoient ajouter des panneaux solaires) et de la pollution dans l’air (ce qui est quasi omniprésent aujourd’hui). Ces conditions sont faciles à respecter dans des villes en Espagne, en Italie, au Portugal, aux États-unis (exemple : Las Vegas, Los Angeles, etc.), au Mexique, dans les pays arabes, désertiques et tropicaux, etc.
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