La lutte contre la pollution de l’or bleu en France
Publié le 2 mai 2023 par eleve
Eve Campeau et Maya Jagram (2023)
Le problème : la pollution de l’eau

Plusieurs facteurs contribuent à la pollution de l’eau. En voici quelques-uns.
La pollution organique
Celle-ci provient de plusieurs sources : de nos déchets, des rejets industriels et des pesticides utilisés en agriculture qui contaminent l’eau et rendent cette eau dangereuse pour les microorganismes utiles, laissant place, parfois, à des bactéries pathogènes dangereuses pour notre santé. Cette pollution organique contribue aussi à accélérer le phénomène d’eutrophisation des cours d’eau. Lorsque le phosphore et l’azote sont présents en quantité élevée dans les cours d’eau, cela entraine une multiplication excessive de certaines espèces à croissance rapide (algues et phytoplancton). Les espèces à croissance plus lente vont alors être désavantagées. Lors de la décomposition des espèces à croissance rapide, les décomposeurs vont absorber de grandes quantités de dioxygène nécessaire à la survie de d’autre espèces. Ce phénomène est appelé «asphyxie des écosystèmes aquatiques».
La pollution chimique
Elle survient généralement lorsque des produits chimiques (des produits ménagers, des médicaments, des pesticides de synthèse) sont déversés dans les eaux. Les contaminants les plus présents en France sont les pesticides et les engrais contenant des nitrates qui se retrouvent dans presque toutes les eaux du pays.
Certaines activités humaines sont particulièrement dommageables, entraînant pollution organique et chimique.
L’urbanisation : l’expansion des villes pour agrandir l’espace de vie des humains entraîne des perturbations des eaux. Des infrastructures comme les routes, les stationnements et les bâtiments sont construites pour notre confort. Par la suite, le sol perd sa capacité naturelle à absorber l’eau ce qui fait en sorte que les précipitations produisent rapidement du ruissellement de surface. Ce ruissellement de surface entraîne plusieurs conséquences. Il contribue, entre autres, à amplifier le transport des contaminants. Étant donné que, en temps normal, l’eau de ruissellement est dirigée le plus rapidement possible vers les cours d’eau naturels, ces derniers sont automatiquement contaminés.

L’agriculture : comme nous l’avons dit plus tôt, les pesticides sont un des polluants les plus importants des eaux en France. La France, en 2021, a exporté des produits agricoles d’une valeur de 70 milliards d’euros. On comprend donc que l’agriculture est un secteur économique de grande importance. Plus de la moitié des pesticides utilisés finissent par se retrouver dans les sources d’eau souterraines et de surface.
Les activités industrielles : les contaminants industriels se retrouvent souvent dans les cours d’eau, malgré les lois environnementales françaises telles que l’article L541-1 qui vise à prévenir et réduire la production, entre autres, de déchets industriels. Cet article dit que l’objectif est de : « Donner la priorité à la prévention et à la réduction de la production de déchets, en réduisant de 15 % les quantités de déchets ménagers et assimilés produits par habitant et en réduisant de 5 % les quantités de déchets d’activités économiques par unité de valeur produite, notamment du secteur du bâtiment et des travaux publics, en 2030 par rapport à 2010. »
Les solutions

Nous vous présenterons ici 5 solutions proposées par le service d’information sur l’eau de France.
1- L’épuration des eaux usées avant le rejet direct. Les eaux usées doivent être soumises à un traitement d’épuration (précipitation, dilution, filtration, puis biodégradation à l’aide de microorganismes) afin d’en retirer une partie des polluants. Par la suite, la quantité de polluants restant dans l’eau doit être assez faible pour pouvoir être éliminée par autoépuration naturelle si possible.
Les zones urbaines doivent donc obligatoirement être connectées à un réseau de collecte d’eaux usées.
2- Limiter l’utilisation des pesticides. La France consomme environ 110 000 tonnes par an de pesticides, dont 100 000 tonnes utilisées pour l’agriculture. Ces chiffres font de la France le premier utilisateur de pesticides en Europe. C’est pourquoi il est important d’envisager des alternatives à ceux-ci afin d’en réduire l’usage. Par exemple, il est possible d’utiliser des prédateurs naturels des ravageurs. On peut aussi procéder au désherbage mécanique.
3- Meilleure stratégie d’utilisation des fertilisants. Les fertilisants naturels comme le fumier et le lisier représentent des alternatives avantageuses aux engrais chimiques, car ils sont moins nocifs pour l’environnement. Ces engrais naturels peuvent tout de même contribuer au dépassement des seuils acceptables de concentration d’azote dans les sols et désertifier ceux-ci. C’est pourquoi les fertilisations doivent être planifiées afin de ne pas dépasser les capacités du sol. Ces plans devraient tenir compte de la richesse des engrais et de la capacité des sols à retenir les nutriments tels que les nitrates. De plus, l’épandage d’engrais devrait être réalisé à une distance suffisante des points d’eau pour éviter toute contamination.

4- Réglementation plus sévère de l’utilisation de certains produits chimiques. Certaines substances considérées dangereuses pour l’environnement pourraient être interdites. La France l’a déjà fait auparavant. Par exemple, pensons aux BPC (biphényls polychlorés) des produits chimiques qui ont été interdits en France en 1980. En plus d’être cancérigènes, ces substances les BPC sont des polluants organiques persistants. Un polluant persistant possède 4 propriétés : persistant, bioaccumulable, toxique et mobile. Il se décompose à une vitesse très lente, prenant parfois des siècles avant de disparaître, ce qui lui donne le temps de s’accumuler et de se déplacer dans l’environnement. Avant de commercialiser une substance, les impacts négatifs de celle-ci doivent être mieux évalués. Pour les substances représentant un danger pour l’environnement, l’usage peut être restreint plus sévèrement ou encore interdit par l’État.
5- Mieux protéger les zones de captage de l’eau potable. Il est possible d’interdire les activités polluantes près des zones de captage des eaux brutes servant à produire l’eau potable pour la population. Le Code de santé publique français prévoit déjà des zones de protection autour des sites de prélèvement d’eau brute afin de réduire les risques de contamination de ces eaux.
