La mer d’Aral
Publié le 25 février 2014 par
Par Frédérique Lalonde (2008)
La mer d’Aral
Autrefois grande comme le Portugal, c’est-à-dire plus de 66 000 km², la mer d’Aral est aujourd’hui réduite à l’état désertique. Située entre la frontière du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, cette grande étendue d’eau s’est asséchée en moins de trente ans.

Mer d’Aral en 1985
Historique
La mer d’Aral était alimentée par les eaux de deux fleuves : l’Amou-Daria et le Syr-Daria. Pour favoriser l’économie, qui est principalement basée sur la culture du coton et du riz, ces deux pays ont pris la décision de détourner ces deux fleuves, pour irriguer les terres et ainsi augmenter la production. Ce système fonctionna pendant plusieurs années, malgré la diminution flagrante du débit de l’eau. Cette idée, par contre, les mena à un désastre écologique et à une impasse économique. Cet assèchement provoqua de multiples conséquences telles que la diminution de l’évaporation qui amène un climat plus sec et diminue les précipitations. Les fonds marins balayés par les vents transportent le sel et stérilisent les terres cultivables. Ces tempêtes de sel ont des répercussions graves sur les humains : cancers, anémies, malformations des nouveau-nés, fausses couches etc. De plus, l’augmentation de la salinité de l’eau tue les poissons qui sont une source de revenus et d’alimentation. Un immense déversement de produits chimiques et d’engrais sur les terres vint amplifier la catastrophe en tuant complètement la faune marine. Quelques crevettes résistent encore.

La mer d’Aral était, à l’échelle mondiale, la quatrième en importance. Inutile de mentionner qu’elle permettait à une importante population de se nourrir. Évidement, tous ces pêcheurs sont au chômage. Au Kazakhstan l’eau potable est devenue salée. Les terres sont contaminées, l’atmosphère est polluée par les engrais et les pesticides. Le bétail se désaltère d’eau toxique et se nourrit de fourrage impropre à la consommation. La chaîne alimentaire complète en est affectée. Les habitants côtiers ont fuit ces lieux. Les seuls y étant demeurés sont atteints de maladies graves.

Sauvetage
Dès 1989, la mer d’Aral se divise en deux. La Petite mer au nord et la Grande mer au sud. On croyait à la disparition de la Grande mer dès 2025. Heureusement en 1977, certains se soucient du problème. De l’aide leur sera apportée par l’ONU. La construction d’une digue entre les deux mers dès 1989 est entreprise. Malheureusement, les travaux s’interrompent avec la chute de l’URSS en 1991. Ils reprendront, par contre, par la suite, pour se terminer en 1996. Toute la population du Kazakhstan accepta de donner 1% de son salaire pour y parvenir. Un miracle se produisit : la mer se remplie à nouveau ! Tous ces efforts furent brisés en 1999, lorsqu’une tempête détruisit la digue. Le gouvernement, avec l’aide de la Banque mondiale, entreprit la reconstruction de la digue qui s’acheva en 2005. Depuis sa reconstruction, le niveau d’eau augmente de façon constante, même que les spécialistes en sont impressionnés. Malgré l’ampleur de cette catastrophe écologique, certaines solutions sont possibles. Quand nous voulons, nous pouvons ! Il faut cependant, prendre conscience que tous les problèmes, ne sont pas réglés. Les poissons pêchés dans ces eaux, seront-ils contaminés ?
Actuellement, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan sont en conflit, car bien que l’état de la Petite mer s’améliore, il reste toutefois beaucoup à faire pour celle de la Grande mer.