La Serbie, bombardée
Publié le 5 mars 2014 par
Par Véronique Paulin (2008)
La Serbie, bombardée
Pour commencer, la Serbie est un pays d’Europe d’environ 87 500 km2. Sa capitale est Belgrade. La Serbie compte 10 millions d’habitants dont 62 % de serbes.
PROBLÈME
Je vous parlerai de la pollution due au bombardement de l’industrie pétrochimique, de la raffinerie et de l’usine agrochimique (engrais chimique) à Pancevo.
En 1999, la Serbie, plus précisément la ville de Pancevo, a été victime de bombardements aériens par l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique du Nord) qui est une alliance de 19 pays, dont le Canada. L’industrie pétrochimique, la raffinerie et l’usine agrochimique ont été bombardées.
CONSÉQUENCES 1999
La Serbie a été touchée par des armes radioactives. Ces armes libèrent des nuages de poussières d’uranium, contaminant l’eau et les chaînes alimentaires. Quand cette poussière est inhalée ou ingérée, elle se fixe dans le corps humain pendant un à trois ans, ce qui multiplie les risques de stérilité, de malformations à la naissance et de cancers.

L’industrie pétrochimique de Pancevo a été attaquée au moins dix fois. Ces attaques ont provoqué un incendie de 8 heures qui a dégagé de l’acide chlorhydrique, provoquant des bronchites chroniques, des dermatites et des gastrites. Des dioxines (polluants organiques les plus toxiques du monde) et, dans certains cas du phosgène, qui était autrefois utilisé comme agent de guerre chimique, ont également été libérés dans l’environnement.

L’usine agrochimique n’a pas été épargnée. Si elle n’avait pas été, par précaution, peu avant, vidée de ses dépôts d’ammoniac, servant à fabriquer l’engrais, son explosion aurait rayé toute forme de vie à 10 km à la ronde, car respirer du gaz d’ammoniac est fatal pour l’être humain. Cependant, ce liquide s’est répandu dans la faune du Danube qui a été détruite jusqu’à 30 km en aval. Les fonds sablonneux du fleuve ont été empoisonnés par des métaux lourds qui seront toxiques pour des dizaines d’années. De plus, environ 1000 tonnes de mercure ont contaminé les sols. La pêche et l’irrigation des cultures étaient donc devenues problématiques.
Le bombardement de la seule raffinerie de pétrole a eu pour conséquence un dégagement de substances nocives dans l’atmosphère dû à l’incendie de 80 000 tonnes d’hydrocarbures et de produits pétroliers.
Le bombardement de ces trois usines équivaut à l’explosion d’une bombe chimique. Pancevo a été écologiquement détruite. Les habitants ont respiré un air pollué, rempli de matières cancérigènes. Le sol et le Danube sont contaminés. Le lendemain du désastre, des pluies complètement noires se sont abattues sur les villages voisins. Les gaz toxiques échappés dans l’atmosphère ont dépassé largement le secteur.

CONSÉQUENCES 2007
On peut encore voir, en plein milieu de la ville de Nis, des maisons détruites par les bombardements. Il y a encore, on ne sait où, des bombes à fragmentation non explosées. Ce type de bombe n’explose qu’au touché. D’ailleurs, on en trouva une sur le toit d’une école, mais des spécialistes de Belgrade la détruisirent avant que des personnes en souffrent. À Bujanovac, on remarqua des vaches malformées, mais, heureusement, il semble qu’il n’y ait pas d’augmentation de malformation chez les enfants de Serbie.
Près de neuf ans plus tard, il est encore difficile de dire toutes les conséquences à long terme de cette pollution. Des experts affirment que, d’ici 2010, nous seront fixés sur les conséquences de la pollution due au bombardement en Serbie.
SOLUTIONS
Afin de rendre l’eau potable dans certaines villes de la Serbie, SOLIDARITÉS (une association humanitaire qui intervient auprès de populations victimes de conflits et de catastrophes) a lancé à ce jour trois programmes :
- La réhabilitation de la station de traitement d’eau de Pancevo avec la mise en conformité des équipements et le remplacement du matériel de traitement des eaux ;
- La mise en place d’une adduction d’eau potable à Ivanovo et sa connection au réseau de Pancevo afin d’éviter aux populations de s’approvisionner aux puits directement dans les nappes phréatiques polluées ;
- L’augmentation de la capacité de la station de traitement d’eau de Pancevo afin de répondre de manière satisfaisante aux besoins supplémentaires des habitants d’Ivano.
Le centre de recherche nucléaire de Vinca a tenté de solutionner la contamination des sols en décontaminant quelques endroits où la contamination par l’uranium était particulièrement forte. Toutefois, il est impossible de décontaminer toutes les surfaces agricoles de la Serbie.
Référence
Pancevo, une ville écologiquement détruite