Le plastique : plus nocif qu’on ne le pense
Publié le 25 février 2014 par
- Par Myriam Desrosiers et Adriane Drolet (2013)
Le plastique : plus nocif qu’on ne le pense
Dans l’océan qui sépare l’Asie et les États-Unis se trouve un endroit appelé le Vortex de déchets du Pacifique nord ou communément appelé, en anglais, The Great Pacific Garbage Patch. L’atoll de Midway, perdu en plein océan Pacifique et situé près du Vortex, est un sanctuaire pour toutes sortes d’oiseaux marins. Cette île a été classée refuge pour la vie sauvage par le National Wildlife Refuge en 1988 et est devenue une destination écotouristique pour ceux qui aiment les oiseaux.
Les albatros
À cet endroit se trouvent des oiseaux, mais en particulier des albatros, qui viennent se reproduire dans ce petit paradis devenu l’enfer à cause des milliers de déchets. Ces volatiles sont de la famille des Diomédéidés ; des oiseaux de mer grands et lourds. Ils possèdent des ailes très longues et un bec long et épais. Les albatros sont gravement menacés, il y a, en tout, 18 espèces d’albatros sur 22 qui sont menacées d’extinction, rien de moins. Leur taux de reproduction étant très lent, chaque mort amplifie les risques d’extinction. Les problèmes sont les suivants :
- au 19ieme siècle, les albatros étaient chassés pour la qualité de leurs plumes
- ils manquent de nourriture à cause de la pêche intensive des hommes
- ils sont sensibles à la pollution lumineuse lorsqu’ils sont jeunes, ce qui réduit leur espérance de vie
- cette espèce se nourrit des déchets qui forment le septième continent, celui formé par des matériaux plastiques.
Ce dernier point sera le sujet principal de cet article. En effet, les albatros adultes nourrissent leurs poussins qui, eux, meurent de cette malnutrition. L’effet du rayonnement solaire dégrade les morceaux de plastique en petites pièces constamment confondues avec de la nourriture par les différentes espèces animales qui habitent le Pacifique. Contrairement aux os ou aux arêtes avalés par les oiseaux, les matériaux plastiques ingérés ne peuvent pas être dissous par les sucs digestifs des animaux. De plus, ces substances ne peuvent sortir de leur estomac, ce qui finit par les tuer. Ainsi, Greenpeace estime qu’à l’échelle de la Terre, environ 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques. Parlons de cet énorme continent formé de déchets.

Ossements d’albatros
Du plastique en quantité industrielle
Il a été estimé que 10% des 300 millions de tonnes de plastique produits chaque année se retrouvent dans les océans. Le mouvement circulaire des courants dans le Pacifique nord a contribué à la formation d’une très grande île de détritus de plastique. Ces déchets forment la « Grande plaque de déchets du Pacifique » un monstre dont la taille aurait déjà triplé depuis les années 90 et qui s’étendrait maintenant sur 3,43 millions de km². Il est estimé que cette ile de déchets totalise une masse de 3,5 millions de tonnes et jusqu’à 750 000 débris par km². Avec de telles concentrations de plastique, toute la chaîne alimentaire est affectée puisque les plus petits morceaux sont ingérés par des oiseaux et de petits poissons qui seront à leur tour mangés par de plus gros. D’ailleurs, le plastique est fait principalement de composés chimiques particulièrement toxiques qui, une fois ingérés par des méduses et des salpes (animaux marins flottants, au corps transparent et cylindrique) se retrouvent dans la chaine alimentaire des poissons qui sont ensuite mangés par des mammifères, incluant les humains.
Une idée de génie
Cependant, ce problème pourrait être résolu. La solution qui pourrait diminuer la quantité de plastique formant l’île et sauver les albatros est encore un prototype en développement. À ce jour, un des points négatifs les plus frappants est le prix de cette technique. Le prix pour une seule machine est estimé à $9,500, mais il faut prendre en compte que ce projet, provenant du Japon, n’est qu’un premier pas vers une idée révolutionnaire qui changera bien des choses.
Cette machine a été pensée par Akinori Ito, qui s’est un jour posé la question : « Si le plastique est en majorité composé de pétrole, pourquoi ne pas le retransformer en ce qu’il était à l’origine ». Il a donc pensé à une machine qui retransformerait le plastique en pétrole. En effet, le plastique est majoritairement constitué de pétrole et il pourrait retrouver cette forme. Le pétrole obtenu avec le plastique passé dans la machine pourrait être utilisé comme combustible ou bien comme carburant après avoir été travaillé.
Ce prototype, construit sous les directives d’Akinori Ito, a montré son efficacité. Elle peut faire fondre plusieurs sortes de plastiques à des températures qui se situent entre 125 et 325°C. Le liquide obtenu est porté à ébullition et le gaz qui en est extrait est ensuite refroidi dans l’eau. À l’aide d’un kilogramme de plastique la machine peut produire un litre de pétrole en consommant 1 kWh d’électricité. Ce même litre de pétrole produira par la suite environ 12 kWh à lui seul. Un des avantages est que la machine n’émet pas de CO2 lorsqu’elle transforme le plastique en son produit final.
En conclusion…
Dans quelques temps, cet engin pourrait permettre d’allonger l’espérance de vie des albatros. Il est certain qu’il faut encore y travailler et que les résultats ne seront pas instantanés, mais plus cette invention deviendra efficace, plus nous aurons de chances de sauver les oiseaux qui habitent l’atoll du Midway. En repêchant une grande quantité de plastique à cet endroit, il serait possible de sauver cette espèce menacée et d’offrir aux gens des espoirs de méthodes durables en ce qui concerne le pétrole.