Le torchage de gaz, inutile au Nigeria.
Publié le 28 février 2014 par
Par Émilie Leboeuf et Valérie Ranger (2010)
Le torchage de gaz, inutile au Nigeria.
Le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Il rassemble 20 % de la population totale de l’Afrique subsaharienne. Il est aussi un des plus importants producteurs de pétrole. Effectivement, il est le 5e producteur de l’OPEP et se situe au 12e rang au niveau mondial. De plus, il est le deuxième plus grand pays, après la Russie, à pratiquer le torchage. Le torchage consiste à bruler des rejets de gaz naturel à l’aide de torches. Ce procédé gaspille énormément de ressources naturelles et émet de grandes quantités de CO2, le principal gaz à effet de serre. C’est la méthode habituellement utilisée pour supprimer des gaz inflammables inexploitables ou dont la récupération est peu payante. On peut aussi utiliser le torchage pour dépressuriser le matériel de traitement des gaz pendant les activités ordinaires d’entretien ou en cas d’urgence. Si le torchage de gaz est utilisé, c’est parce que c’est le moyen le moins coûteux. Le Nigeria produit 2 443 millions de barils par jour ! On estime que 13% du gaz brulé dans le monde provient du Nigeria.
D’après la Banque Mondiale, au Nigeria, on brûle plus de gaz que dans n’importe quel autre pays du monde. Ce pays émet plus de gaz à effet de serre que toutes les autres sources de l’Afrique subsaharienne réunies. Le fait de brûler autant de gaz inutilement entraine un grand gaspillage de cette ressource naturelle. À chaque année, environ 150 milliards de m3 de gaz naturel s’envolent dans l’air que l’on respire et sont perdus. Selon les chiffres donnés par la Banque Mondiale, ce volume de gaz est l’équivalant du quart du volume de gaz utilisé aux États-Unis en un an, ainsi que l’équivalent de 30% de la consommation annuelle de gaz de l’Union européenne, ou encore 75% des exportations de gaz de Russie.
Par la suite, le torchage de gaz inutile entraine plusieurs problèmes environnementaux. Effectivement, cela accentue énormément la production de gaz à effet de serre. Selon Bent Svenson, l’arrêt de ce brûlement de gaz inutile ferait baisser de 13% le total de toutes les émissions de CO2 que les pays se sont engagés à réduire durant le Protocole de Kyoto de 2008 à 2012. À cause de ces gaz à effet de serre, nous pourrons observer de plus en plus de variation avec notre température. Il y aura donc plus de pluie l’hiver et moins l’été. Cela apporte aussi plusieurs problèmes au niveau de l’écosystème. Si nous ne faisons rien, les climatologues envisagent une augmentation de 2 degré Celcuis de plus. Cela entrainera de grands bouleversements sur notre environnement. Il n’y a pas que sur l’environnement que ce torchage de gaz à des effets néfastes.
La santé des habitants aux alentours de ces grosses torches est menacée. Une habitante de la communauté des Egie s’est plaint. ’’Les feux sont si grands et si proches de nos maisons et fermes que nous sentons la chaleur. Nous ne connaissons pas d’obscurité parce qu’ils flambent 24 heures sur 24 chaque jour’’, a déclaré Che Ibegwura du peuple des Egi, une communauté du Nigeria. Localement, ils dégradent l’environnement dans lequel vivent les populations, ce qui accroît les tensions entre communautés et compagnies pétrolières. Elles rendent les champs infertiles, l’eau impropre à la consommation et polluent fortement l’atmosphère. Cela a notamment conduit à la disparition complète de plusieurs espèces de poissons.

Les communautés du Nigeria ont porté plainte contre le Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), au gouvernement nigérien ainsi qu’à l’association formée par Shell, Exxon, Chevron, Total et Agip. Ces compagnies on été traînées en justice par les Amis de la Terre Nigeria. En novembre 2005, elles ont été condamnées par la justice pour pollution et torchage illégal du gaz.
Avec les années, plusieurs chercheurs se sont rendu compte que de brûler du gaz ainsi apportait plusieurs problèmes, autant au niveau environnemental qu’au niveau de la santé humaine. Effectivement, plusieurs problèmes de santé sont liés à cette pratique. Les habitants deviennent plus vulnérables à plusieurs maladies comme la bronchite et des problèmes dermatologiques.
Pour remédier au torchage de gaz, une des solutions offertes est l’utilisation d’incinérateurs. Cette solution est plus efficace que celle des torches à long terme, mais elle ne fonctionnerait sûrement pas très bien dans notre système économique. Peut-être qu’à long terme, les gens vont comprendre que leur vie est en jeu, donc ils vont tenter de changer le système qui est basé seulement sur les profits.
Ils fonctionnent dans une pièce fermée, ils ne sont donc pas touchés par les intempéries de la nature. Malgré, qu’ils soient très coûteux, qu’ils ont besoin de beaucoup d’entretien, de surveillance par les employés et difficiles d’installation, les incinérateurs demeurent l’une des meilleures solutions.
Actuellement, les chercheurs étudient des solutions afin que les incinérateurs soient plus adaptables et transportables de manière à ce que l’on puisse adopter cette solution au cours des années à venir.