Les répercussions de l’agent orange sur le Vietnam.
Publié le 6 mars 2014 par
Par Cynthia Beaulieu et Audrey Beauregard (2013)
Les répercussions de l’agent orange sur le Vietnam.
La Guerre du Vietnam
La guerre cause de nombreux dommages partout dans le monde. Les impacts qui s’ensuivent sont souvent irréversibles, comme la mort de milliers de civils. Le Vietnam en est la preuve. Lors de la Guerre du Vietnam, de 1964 à 1975, les États-Unis ont déversé plus de 75 millions de litres d’agent orange sur les forêts vietnamiennes. Il faut comprendre que seulement 80g de cette dioxine dans un réseau d’eau potable pourrait éliminer la population d’une grande ville comme New-York, ce qui est comparable à 8 millions d’habitants.
Qu’est-ce que l’agent orange ?
Ce produit chimique a été découvert en 1940 par une équipe de chercheurs anglais et américains. C’est un mélange de deux molécules d’herbicides : l’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D) et l’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique (2,4,5-T). Ce sont, entre autres, des hormones de croissance végétales. Cela mène à la mort des végétaux. Plus tard, après de nombreuses recherches, on a découvert que la dioxine de Seveso (une dioxine qui provient du résultat de la fabrication de l’acide 2,4,5-trichlrophénoxyacétique) est aussi présente dans l’agent orange. Ce poison est dangereux pour la santé des individus. Il cause de nombreux cancers comme le lymphome non-hodgkinien, la maladie de Hodgkin et la leucémie lymphoïde chronique.
Les conséquences sur l’économie et la santé
Il était produit par quelques compagnies telles que Monsanto et Dow Chemical, des compagnies américaines. Ces problèmes ont été cachés par les compagnies pour ne pas perdre de profits. Le Vietnam a été victime d’un véritable carnage humain, mais, encore aujourd’hui, les États-Unis ne sont pas tenus responsables pour les dégâts causés lors de cette guerre. Des plaintes ont été entendues en 1999 et les compagnies ont dû verser un dédommagement variant entre 6 200 et 47 500 dollars pour 6 800 personnes en Corée du Sud. Des décennies plus tard, des enfants naissent de parents qui n’étaient pas encore au monde au moment de cette tragédie. Ces enfants sont touchés par les dévastations de l’agent orange. Ils naissent avec un taux élevé de dioxine dans leur organisme. La dioxine peut passer à travers le placenta et atteindre le foetus chez la femme enceinte. La mère peut transmettre la dioxine par le lait maternel et l’homme peut aussi transmettre cette dioxine à la femme par le sperme. Les conséquences de cette accumulation de dioxine sont les suivantes : une déficience visuelle totale, du diabète, le cancer de la prostate, le cancer du poumon, des malformations congénitales et plus encore…

Vietnam. 12/2004. Ho Chi Minh. Professor Nguyen Thi Ngoc Phuong, at Tu Du Obstetrics and Gynecology Hospital is pictured with a group of handicapped children, most of them victims of Agent Orange. Photo by Alexis DUCLOS
Une solution coûteuse
Les lieux les plus touchés ont des concentrations 400 fois plus élevées que la norme mondiale acceptable. Comment faire pour remédier à la situation ? Quatre décennies plus tard, on réagit enfin concrètement au problème. Un des sites les plus touchés par cette dioxine meurtrière est Danang, une ancienne base américaine devenue un site touristique important du Vietnam. Pour décontaminer ce site, le Vietnam dispose d’un budget de 43 millions de dollars, principalement financé par les États-Unis. Cet argent sera distribué sur une période de quatre ans, c’est-à-dire jusqu’en 2016. Cependant, il faut comprendre que ce n’est qu’une petite partie du territoire contaminé que l’on va dépolluer. Cette superficie équivaut à 73 000 mètres cubes donc seulement 3 hectares de 2,5 mètres de profondeur. Mais il n’y a pas que la terre qui soit infectée, l’eau qui était potable, les lacs, les rivières, les autres sources d’eau ainsi que les terres agricoles en sont affectés.
Une méthode efficace
Pour l’instant, la seule méthode trouvée est la décontamination des sols. Pour dépolluer le terrain de 73 000 mètres cubes, il suffit de chauffer la terre infectée à de très hautes températures, suffisamment élevées pour transformer cette dioxine en composants non-dangereux. Cela semble simple, mais la méthode de désorption thermique est très complexe. En effet, la dioxine contenue dans la terre apparait en présence de chlore aux alentours de 400 degrés Celsius et ceci modifie la nature de cette dioxine lorsque celle-ci atteint une hausse de 800 à 1000 degrés Celsius.
Il y a tant de problèmes qui sont issus de cette attaque chimique, mais il n’y a presque pas de solutions. C’est un drame qui a touché une population entière dans le passé et, malheureusement, encore aujourd’hui, cette population est dévastée par les répercussions de l’agent orange.
Association musicale humanitaire pour les enfants victimes de l’agent orange au Vietnam