L’utilisation d’engrais azotés en agriculture
Publié le 16 mai 2014 par
Par Joel Lauzon et Nelson St-Laurent (2014)
L’utilisation des engrais azotés en agriculture

Certaines régions du Québec pourvues, de plusieurs fermes agricoles, n’ont pas de problèmes pour se trouver de l’engrais biologique (comme la corne torréfiée, le tourteau de ricin, la farine de plumes, les fientes de poule, etc.) mais d’autres ont beaucoup plus de difficulté à s’en procurer par la présence insuffisante des éleveurs d’animaux de ferme. En absence d’engrais de ferme, la qualité et la productivité des sols diminuent en raison de la détérioration de la terre. Pour atteindre un rendement maximal en termes de récoltes, les agriculteurs se doivent d’ajouter certaines substances aux sols et d’utiliser différents procédés d’entretien de la terre. Certaines méthodes, telles que les jachères, sont toujours pratiquées. Quand une terre est en jachère, elle reste incultivée pour une saison, cette méthode permet à cette terre de se fertiliser en retrouvant tous ses minéraux, propices à l’agriculture, naturellement. Cependant, certaines pratiques agricoles plus récentes, comme l’ajout d’engrais, ont pour effet d’accélérer la production agricole, mais nuisent grandement à la terre en débalançant la flore (micro-organismes qui permettent au sol d’être en santé), ce qui a pour effet de détériorer grandement les sols.
Les engrais azotés, utilisés en agriculture intensive, polluent extrêmement la terre. Les nitrates et phosphates présents dans l’engrais s’infiltrent dans les cours d’eau et les nappes phréatiques, ce qui a pour effet d’accroître la croissance des algues, entraînant ainsi une diminution du niveau d’oxygène dans l’eau, la destruction de la biodiversité et la pollution des réserves d’eau potable. Comme indiqué dans « La Chine gravement polluée par sa production d’engrais » (02/04/2013), entre 2001 et 2012, Pékin a triplé sa production d’engrais phosphatés. Celle-ci est responsable de 42% de la production mondiale d’engrais. Du phosphogypse est libéré lors du traitement des minerais. Le phosphogypse est considéré comme radioactif, car il contient de l’uranium et du radium. Présentement, au moins 300 millions de tonnes de ce produit se cumulent sur le territoire chinois (tel que démontré dans la photo ci-dessous) et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les déchets sont malheureusement amassés sans respecter les normes en vigueur : « stockages dangereux et illégaux, non-respect de la distance minimale entre les produits et les cours d’eau et zones habitées, absences de murs d’enceintes et protection. » Des études démontrent qu’après analyse des sols agricoles, de l’arsenic, du cadmium, du chrome, du mercure, des métaux lourds et nocifs sont retrouvés en quantité indésirable.

Pourquoi est-il important de diminuer l’utilisation d’engrais chimiques et de standardiser l’utilisation des engrais biologiques, ces derniers étant plus respectueux de l’environnement ? Les engrais azotés sont privilégiés par les agriculteurs, car ils sont beaucoup plus faciles à produire et moins chers. Pourtant, tel que démontré en France où 53.2% du territoire est occupé par l’agriculture, il existe des modes tenant compte de principes respectant l’environnement tels que l’agriculture biodynamique. Cette technique, qui est utilisée depuis 1920, s’inspire des travaux de Rudolph Steiner. Ce procédé se base sur différents facteurs : le recyclage du sol par l’utilisation d’engrais biologiques, une production agricole adaptée au territoire, la rotation des cultures, l’entretiens et l’aménagement des terres agricoles ainsi que l’élevage d’animaux adaptés au territoire.
- Le recyclage des sols : après plusieurs années d’utilisation intensive, les céréales cultivées vident le sol de ses nutriments et minéraux. Le recyclage des sols consiste à renvoyer ces nutriments digérés par les animaux dans les sols grâce, par exemple, à l’utilisation de fumier.
- Agriculture adaptée : ce mode de production consiste à cultiver des produits nécessitant certains minéraux (azote) déjà présents dans le sol pour ne pas avoir à rajouter d’autres engrais afin de combler ce manque de nutriments.
- La rotation des cultures : celle-ci consiste, après plusieurs années d’utilisation, à laisser, pendant un certain nombre d’années, une terre se reposer pour que la récupération naturelle des nutriments se produise. Ainsi, les minéraux dont elle a été vidée pendant ces années d’utilisation reviendront naturellement avec l’aide de certaines plantes spécialisées pour renvoyer l’azote de l’air dans le sol.
- Entretien et aménagement des terres agricoles : l’entretien et l’aménagement des terres agricoles consiste à mettre en place plusieurs systèmes, afin de faciliter la croissance des plants, tels que des systèmes d’irrigation, une première rangée consacrée uniquement à protéger le reste des champs, ou encore une séparation générale de ceux-ci afin de protéger les autres champs d’une maladie qui pourrait avoir été contractée par certains d’entre eux.
- L’élevage d’animaux adaptés au territoire : l’élevage d’animaux locaux (déjà adaptés au territoire) est bienfaisant, car il ne nécessite pas l’implantation de nouvelles céréales qui serviraient à nourrir l’espèce importée. De plus, la recherche d’une plus grande diversité chez les espèces locales encouragera la résistance de ces dernières face à certains éléments naturels qui pourraient affaiblir certaines races d’animaux d’élevage plus répandues.
Une autre technique utilisée depuis longtemps est la fertilisation « traditionnelle » des terres agricoles. Lorsque le compost et les engrais verts n’apportent pas assez de nutriments tels que l’azote, il est possible d’acheter des engrais organiques riches en cet élément, comme la corne torréfiée (engrais dont l’action est progressive et durable), le tourteau de ricin (engrais à action progressive qui favorise l’activité microbienne dans le sol), la farine de plumes, les fientes de poule, etc.