Mer d’Aral, une catastrophe écologique !
Publié le 28 février 2014 par
Par Shanel Poulin (2008)
Mer d’Aral, une catastrophe écologique !
Géographie de l’Ouzbékistan
Avant tout, l’Ouzbékistan a une superficie de 447 400 km². Son relief est très varié, passant du désert jusqu’à la chaîne de montagnes à l’est. Le territoire contient environ 90% de terres et 10% d’eau. Le climat est continental, les étés sont chauds, souvent ils dépassent les 40°C. La moyenne de température de la saison hivernale est de -2°C, mais peut baisser jusqu’à -40°C.
La mer d’Aral
Autrefois, la mer d’Aral était la quatrième plus grande étendue d’eau intérieure du monde. En 1960, elle recouvrait plus de 68 000 km².Celle-ci se trouve à la frontière de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan. Maintenant, elle mesure environ 30 000 km². Comment a-t-elle pu diminuer en si peu d’années ? Ce phénomène est dû, évidemment, à l’inconscience humaine. Le détournement des eaux des fleuves Amou-Daria et Syr-Daria pour l’irrigation des cultures, entre autre celle du coton, a eu pour conséquence de les assécher, ce qui a entraîné la diminution de la mer d’Aral. Des tonnes de défoliants (engrais, pesticides) ont été déversées sur les cultures, ce qui a eu pour effet d’achever cette catastrophe. Un grave problème économique n’a pas amélioré la situation. L’Ouzbékistan était à court d’argent.
Les conséquences :
La faune marine a complètement disparue. Ces eaux, saturées de sels et de produits chimiques, l’ont tuée. Le vent emporte la mer, maintenant devenue sable, stérilisant de vastes étendues de terres cultivables. N’oublions pas que les produits chimiques y sont restés, donc la qualité de l’air en a été gravement affectée, ainsi que celle de l’eau. De nombreuse populations ont dû se déplacer, car la situation était devenue insupportable. Beaucoup de personnes étaient atteintes de maladies graves telles que la tuberculose, l’anémie, le cancer, etc. La pêche était un moteur économique de cette région, environ 60 000 pêcheurs ont perdu leur emploi. De plus, avec les tonnes de sels et de pesticides, l’eau a été contaminée, sans parler des produits industriels. La moitié des villes de l’Ouzbékistan contiennent un système de traitement des eaux et seulement un quart des villages ont des égouts. Imaginez, la population et les animaux boivent directement cette eau ! Ce n’est pas pour rien que le taux de mortalité infantile est l’un des plus élevés au monde. Environ cinq millions de personnes ont été contaminées. Comble de malheur, les tremblements de terre en Ouzbékistan ont fait de nombreux dégâts, mais nous ne pouvons rien faire contre Mère Nature.
Y a-t-il des solutions ?
Heureusement oui ! Même que quelques-unes sont en court de réalisation. En 1996, la population du Kazakhstan a décidé de stopper la disparition de la mer. Les habitants avaient accepté de donner 1% de leurs revenus pour financer un projet qui avait été arrêté en 1991 lors de l’effondrement de l’URSS. Ce projet avait pour but de construire une digue au sud de l’embouchure du Syr-Daria, pour barrer un détroit entre La Petite mer et La Grande mer. En fait, la séparation entre Petite mer au nord et Grande mer au sud date de 1989. Cette digue était destinée à faire remonter le niveau de La Petite mer. Couronnée de succès, elle remontait tranquillement jusqu’en 1999 où une tempête détruit celle-ci. Tout était à recommencer. Le gouvernement Kazakh passa à l’action. Il a obtenu un accord avec La Banque Mondiale qui finança la reconstruction d’une digue de béton beaucoup plus solide que la précédente. Les travaux se sont terminés en 2005 et la mer d’Aral se remplit à nouveau. La pêche est redevenue à nouveau possible, mais il y a un petit problème, de nombreux polluants se sont retrouvés dans la chaîne alimantaire, ce qui a eu pour effet de contaminer plusieurs poissons. Pour ce qui est de la santé, des institutions internationales ont commencé à aider la population en leur fournissant de l’eau potable et de meilleurs équipements de santé. Pour diminuer le taux de pollution de l’eau, la Banque Mondiale a financé un projet afin de contribuer à la fabrication de 25 stations pour contrôler la qualité de l’eau dans toute l’Asie centrale. Aussi, elle voudrait contribuer à l’amélioration des pratiques agricoles. Toutefois, le coût d’un tel projet est estimé à environ 20 milliards de dollars. Malheureusement, l’Asie centrale, qui est à cours d’argent, n’est pas en mesure de réunir seule une telle somme. Réduire l’exploitation du coton serait la meilleure solution, mais est-ce que les pouvoirs publics l’ont réellement envisagé ? Cela reste à voir.


