Notre consommation de viande, nocive pour l’environnement

Florence Sanfaçon Thériault et Marie-Jeanne Gautier (2024)

Notre surconsommation de viande est un gros problème environnemental qui a des impacts assez importants sur notre vie en général et sur la planète.

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La problématique

Dans de nombreux pays, la quantité de viande que nous consommons est beaucoup trop élevée. En 2005, nous consommions, dans le monde, 257 millions de tonnes de viande et, quinze ans plus tard, cette consommation dépassait les 300 millions de tonnes annuelles. Les activités d’élevage contribuent à une grande partie des émissions de gaz à effet de serre. Pour la création de pâturages et de zones de cultures d’aliments pour animaux d’élevage, nous abattons de grandes quantités d’arbres, ce qui peut libérer beaucoup de CO2. En effet, les arbres absorbent le CO2 lors de la photosynthèse, mais, lorsqu’on les coupe, le carbone emmagasiné peut être libéré dans l’air au moment de la décomposition du bois. Afin de nourrir les animaux, les éleveurs coupent des arbres pour en faire des champs de culture de blé, de soja et autres. Cette coupe se fait principalement dans l’une des plus belles forêts tropicales du monde, la forêt amazonienne.

De plus, le processus de digestion du bétail peut libérer des GES. La production de viande nécessite également une très grande quantité d’eau. Afin de produire un kilogramme de bœuf, il faut 15 000 litres d’eau. Des phénomènes naturels comme les sécheresses, les inondations ou les canicules sont beaucoup plus fréquents qu’avant. L’augmentation de la température de l’air renforce l’intensité des tempêtes des sécheresses et des incendies qui durent plus longtemps, donc les terres sont plus difficiles à cultiver et les récoltes sont plus petites. Tout cela a un effet négatif sur les récoltes et leur qualité. Au Canada, on a observé une baisse de 35 % des récoltes de canola et de blé à la suite de la sécheresse de l’été 2021. Cela augmente le prix de la production de viande, donc les prix en épiceries augmentent aussi.

Non seulement cette production est nocive pour l’environnement, mais elle l’est aussi pour notre santé et celle des animaux. Plusieurs animaux d’élevage vivent dans des conditions inacceptables. Ils passent souvent leur vie entassés dans des cages ou des enclos aux dimensions réduites. Une loi sur le bien être de l’animal a été adoptée au Québec en 2015. Elle interdit à quiconque de compromettre le bien-être d’un animal ou de lui infliger de la détresse. Ces règles ne s’appliquent toutefois pas aux animaux d’élevage. La loi n’offre donc pas une protection pour ce qu’il est, mais plutôt en fonction de la catégorie qu’on lui donne, animal d’élevage ou de compagnie. Certains éleveurs respectent davantage les animaux et leur donnent une certaine liberté au lieu de les enfermer dans des cages ou de trop petits enclos. 50 milliards de bovins, volailles, etc… sur 70 milliards vivent dans un élevage industriel.

La viande produite par l’élevage industriel, à cause de l’usage abusif et incorrect des antibiotiques, rend moins efficaces les antibiotiques pour traiter les pathologies infectieuses humaines, car les bactéries évoluent alors pour devenir résistantes au antibiotiques. De plus, la viande rouge augmente le risque de cancers, de problèmes cardiaques, d’un AVC, d’une forme de diabète, d’infections, et de maladies rénales, hépatiques ou pulmonaires.  Donc, non seulement notre surconsommation de viande est nocive pour l’environnement, mais elle l’est aussi pour notre santé.

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Les solutions

Plusieurs personnes essaient de se tourner vers le végétarisme, mais une part importante abandonne et revient vers la viande. D’autres n’ont tout simplement pas la motivation ou la volonté pour arrêter, même s’ils connaissent parfois les conditions dans lesquelles ces animaux sont élevés. Steve Mclvor, chef de la direction de Protection mondiale des animaux, a expliqué qu’il faut commencer par éliminer la viande produite dans la cruauté en identifiant mieux les entreprises qui évitent la cruauté envers les animaux et celles qui ont tendance à les maltraiter, car on aiderait des milliards d’animaux élevés industriellement chaque année.  

Des chercheurs et des entreprises travaillent fort pour augmenter la production de viande propre, produite en laboratoire à l’aide de techniques de bio ingénierie. Cette viande est cultivée à partir de cellules souches. La viande propre a commencé à être vendue en épicerie aux États-Unis, mais pas encore au Canada. Dans un avenir proche nous en retrouverons peut-être aussi ici. La culture de viande en laboratoire réduit les superficies de terre et d’eau nécessaires aux élevages traditionnels. La superficie totale consacrée à l’agriculture est de 63 500 km carrés !

Cette viande propre réduit aussi les émissions de gaz à effet de serre et les graisses saturées tout en éliminant la présence d’antibiotiques et d’hormones de croissance dans la viande. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO), l’élevage, à lui seul, cause environ 15% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. L’élevage ne libère pas que du CO2, mais aussi beaucoup d’oxyde d’azote et de méthane.

Enfin, plusieurs problèmes, pour la santé, pour l’environnement et pour les animaux, peuvent être réduits de beaucoup grâce à une simple baisse de notre consommation de viande.

Références:

Selection

Protection mondiale des animaux

Le Devoir

Le Monde