Panda roux : menacé
Publié le 21 février 2014 par
Par Alexandra Bishop et Jodie Licursi (2013)
Panda roux : menacé
L’ennemi de la Terre
Depuis quelques années, le cours de la vie sur Terre a été complètement dérangé. Avant, approximativement 10 espèces disparaissaient du globe naturellement chaque année. C’était normal et faisait partie de l’équilibre pur que tentait de maintenir la vie.

Cependant, une espèce maintenant répandue est parvenue à chambouler ce rythme parfait : l’homo sapiens, l’humain, nous. En ce moment même, nous serions en plein dans une sixième vague d’extinction massive, non par cause naturelle comme une ère de glace ou des météorites, mais par la faute de l’activité humaine qui a accéléré la disparition des espèces de façon phénoménale. Depuis deux siècles, le taux de disparition est à chaque an de 1000 à 10 000 fois supérieur que celui qui était établi par la vie. La moyenne de 10 espèces par an a évolué en un chiffre monstre d’à peu près 17 000 à 100 000 espèces animales et végétales qui s’effacent de la surface de la Terre par année et donc environ 3 par heure. C’est énorme et ça se passe aujourd’hui, maintenant, pendant que tu lis. Malgré le fait que des milliers d’espèces disparaissent parfois sans qu’on s’en rende compte, d’autres sont en voie d’extinction et sont protégées afin que leur restauration puisse avoir lieu. Elles sont protégées par la même espèce qui les détruit, les humains. Une liste rouge créée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) expose la situation de plusieurs espèces afin d’alerter les gens sur la régression de certaines espèces. Il y a tellement d’espèces en voie de disparition ou simplement disparues mises dans la liste rouge, soit 16 306 sur les 41 415 espèces étudiés par UICN, que nous avons choisi de parler que d’une seule espèce, une race méconnue, mais pourtant si vulnérable à nos actions : le panda roux.
Qu’est-ce que le panda roux ?

Le panda roux est un mammifère de la famille des Ailuridae, originaire de l’Himalaya et de la Chine méridionale. Celui-ci a la taille d’un grand chat et, comme le laisse sous-entendre son nom, il a un pelage très coloré composé de blanc, de noir et de roux disposés à des endroits précis. Ces couleurs lui permettent de se camoufler efficacement dans les arbres dont les branches sont souvent recouvertes de mousse brun-rougeâtre. Ce petit animal se retrouve à l’état sauvage en Himalaya entre 2200 et 4800 m d’altitude au nord de la Birmanie, au Népal, en Inde et en Chine. Il vit dans les forêts tempérées de ces pays, souvent composées de feuillus, de conifères et d’un sous-étage dense de bambou, premier élément de son alimentation. Au temps de la reproduction, après environ 134 jours de gestation, la femelle met de 1 à 4 petits au monde. À l’exception de cette période, le panda roux vit solitairement. Il est arboricole dormant toujours dans les arbres et se déplaçant avec agilité dans ceux-ci à l’aide de sa queue comme balancier. En grimpant dans les arbres, il peut se sauver de son prédateur naturel, la panthère des neiges. Par contre, s’il se retrouve mal pris, il utilisera ses griffes semi-rétractables du mieux qui le peut pour se défendre. Cependant, ce n’est pas la panthère qui fait descendre drastiquement sa population, mais un adversaire qu’il ne peut combattre : l’humain.
Les effets dévastateurs de l’humain
La menace la plus pesante pour le panda rouge est la perte de son habitat à cause de l’exploitation forestière commerciale, de la demande en bois (pour les grands froids de l’Himalaya ou le tourisme qui se popularise par exemple), du défrichement pour les infrastructures, de l’agriculture (Slash-and-burn) faite par les tribus montagnardes, du pâturage pour le bétail domestique et de diverses activités de développement. En effet, l’empiètement humain sur son territoire affecte

la population de bambou disponible ce qui mène l’espèce à sa quasi-extinction. Par exemple, en Chine, la population du panda roux a diminué de plus de 40% ces 50 dernières années. De plus, les routes construites dans le Sikkim (nord de l’Inde) et l’Arunachal Pradesh (nord-est de l’Inde) au cours des deux dernières décennies ont provoqué de nombreuses coupes d’arbres, de l’érosion et des glissements de terrain (parfois). Les populations de panda roux, de plus en plus confinées, sont prises avec des problèmes de consanguinité et subissent donc une perte de variation génétique, ce qui est très mauvais pour l’espèce. Comme si ce n’était pas assez, un autre problème créé par l’homme guette ce petit animal frêle : le braconnage. La chasse n’est pas un problème aussi important que la perte d’habitat, mais tout de même sérieux. Parfois, l’animal est capturé sans vraiment le vouloir dans les pièges que mettent les chasseurs pour capturer les cerfs, les sangliers, les chèvres, les antilopes et les primates. Au contraire, au Bhoutan, le panda roux est chassé pour sa fourrure (bonnet et chapeaux) et, en Chine, sa peau peut être retrouvée dans de nombreux marchés locaux, ce qui accentue la baisse du nombre d’individus. Tout ceci entraîne une baisse accrue et même, dans certains cas, une extinction dans certaines zones.
Les solutions
Par contre, ces mammifères ont une lueur d’espoir face à leur disparition. En effet, plusieurs organisations tentent de protéger les espèces en danger.
La CITES
La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) a pour but de préserver certaines espèces de la surexploitation. Pour déterminer si un spécimen est à risque, cette organisation classe les espèces en 3 catégories ; l’Annexe I : en voie d’extinction, l’Annexe II : moyennement en danger et l’Annexe III : potentiellement en danger.

Cette organisation, connue internationalement, a élaboré une convention réunissant 80 pays, le 3 mars 1973 à Washington. 178 parties, sont des états membres de la convention. Cet organisme protège plus de 30 000 espèces d’animaux et de plantes, incluant les espèces vendues vivantes. Depuis 1995, le panda roux est classé parmi les espèces les plus menacées, dans l’Annexe I.
L’UICN
Comme mentionné dans le texte « L’ennemi de la Terre », la liste rouge de l’UCIN (Union internationale pour la conservation de la nature), favorise la biodiversité. Créée en 1963, cette liste de classification détermine les risques de régression chez certaines populations animales et végétales et alerte le public pour développer des politiques de conservations. Selon la liste rouge, cet arboricole fait partie des espèces vulnérables (VU).

SSP
Le plan de Survie des Espèces (SSP) inclue plus de 300 programmes favorisant l’équilibre de la croissance démographique des spécimens en voie de disparition. Parmi ces programmes, on retrouve un programme d’élevage international pour les pandas roux. Environ 30 zoos y participent, tels le zoo de la Palmyre (en Charentes- Maritimes), le zoo d’Amsterdam, etc.
WWF
Le WWF (World Wildlife Fund For Nature) s’engage également à protéger la biodiversité. De plus, il assure la protection des ressources naturelles renouvelables en investissant plus de 10 millions de dollars US dans 13 000 projets de conservation dans 150 pays. Ainsi les gouvernements des provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi ont intégré des projets durables grâce au WWF.
Le WWF bénécie d’un coup de pouce de certaines autorités gouvernementales (le ministère de la Forêt de l’Inde), de l’armée indienne ainsi que que de certaines ONG telles Mountain Institute, Resources Himalaya et International Center for Integrated Mountain Development (ICIMOD).
Par la suite, le WWF peut renseigner le public à propos de la conservation de cette espèce.
Le WWF s’occupe également de plusieurs plans d’intervention. Par exemple, le WWF aide à la protection de l’habitat des populations de panda roux en Chine grâce à la plantation de poivre de Sichuan, étant donné que cet agrume (qui ne fait pas partie de la famille du poivre, malgré son nom) est l’une des épices essentielles à la cuisine sichuannaise.
De plus, cette organisation, qui a 50 ans d’expérience, offre les réacteurs « Biogaz » qui fermentent les déchets organiques et produisent de l’électricité pour les habitants. Ceci permet de diminuer l’exploitation forestière afin de protéger l’habitat du panda roux.