Sauvons les hippopotames!

Élise Faucher et Mia Sabourin 2024

La survie de l’hippopotame

Vous connaissez certainement des animaux en déclin, par exemple les pandas, les koalas ou les ours polaires. De nombreuses espèces risquent l’extinction. Les hippopotames en font partie ! En effet, l’Hippopotamus amphibie (hippopotame commun) risque la disparition pour plusieurs raisons, dont l’humain est la cause, notamment la perte d’habitats et le braconnage. Les conflits entre l’humain et la faune, ainsi que la pollution et les maladies contribuent également à la diminution rapide des populations. Au cours des deux dernières décennies les populations d’hippopotames ont diminué de 20 à 50%, donc, si nous n’agissons pas, les hippopotames communs (mais aussi les hippopotames nains) pourraient être éradiqués de la surface de la Terre ! Les 2 principaux problèmes auxquels font face les hippopotames sont la dégradation des pâturages disponibles, ce qui les force à migrer vers les secteurs urbains, ainsi que le braconnage pour leur viande, mais également pour l’ivoire présent dans leurs dents.

En premier lieu, l’agrandissement des villes et l’ajout des routes diminuent énormément les territoires disponibles pour cette espèce. En moyenne, un hippopotame mange 160 fois plus qu’un être humain. Vous pouvez donc comprendre qu’il a besoin d’énormément de nourriture et doit ainsi en trouver ailleurs. C’est pour cela que ce mammifère se déplace vers les villes.

D’autre part, certains barrages hydroélectriques, dont celui situé au Ghana, en Afrique, inondent des écosystèmes entiers. Après la construction de cette centrale hydroélectrique, près du parc national de Bui en 2021, environ 70% des hippopotames ont péri, ce qui a fait chuter leur nombre de 209 individus à seulement 64. Voyant leur milieu de vie réduit, la majorité des hippopotames ont dû quitter cet habitat naturel pour chercher de la nourriture dans les villes. Malheureusement, leur présence est très dangereuse, car ils sont très imposants et agressifs. De 300 à 3 000 personnes sont tuées par un hippopotame chaque année. Les Hippopotamus, en effet, ont tendance à protéger leur territoire ce qui les rend très agressifs.

Pourtant, l’Hippopotamus aide à l’équilibre des écosystèmes, ce qui contribue à la survie de l’humain. Effectivement, lorsqu’ils font leurs crottes dans les lacs et rivières, les nutriments de leurs excréments permettent la croissance des microalgues. Celles-ci jouent un rôle très important pour les écosystèmes aquatiques, car elles constituent la base de la chaîne alimentaire. Si les microalgues disparaissent, d’autres sortes d’algues nuisibles aux poissons peuvent envahir les eaux et faire disparaître une grande partie de la vie aquatique. La pêche est une source de nourriture très importante pour les populations locales. Donc s’il n’y a plus de poissons, plus de pêche !

Finalement, le braconnage est une cause très importante de la destruction des populations d’hippopotames. Cet enjeu est surtout présent en Afrique centrale. Environ 770 000 kilos de dents sont récoltés chaque année. L’ivoire est perçu, dans certaines cultures, comme un signe de richesse et de bon statut social. Si l’ivoire de leurs dents est recherchée par les braconniers, leur viande l’est aussi. Même si le commerce de cette viande est illégal, il y a une énorme demande. Il est même possible de trouver des boucheries de viande et de peaux d’hippopotames.

Rien n’est perdu pour l’hippo!

Heureusement pour l’Hippopotamus, il existe quelques solutions !

Étant donné que l’hippopotame a besoin de grands territoires pour survivre et que ceux-ci ont majoritairement été détruits, certains pays, comme la République démocratique du Congo (RDC), le Zimbabwe et l’Ouganda, réservent maintenant des territoires de pâturage pour les hippos. La RDC, où l’on retrouve la plupart des hippopotames communs, a également adopté une loi interdisant toute construction à moins de 150 m des zones protégées, ce qui permet aux eaux de rester propres et en sans détritus pour nos beaux amis à grandes dents. Cette loi a été mise en place pour éviter le déclin de l’espèce ainsi que sa migration vers des milieux urbains.

Des efforts anti-braconnage dont le but est de contrecarrer le marché de contrebande illégale sont également déployés par plusieurs pays, comme la République démocratique du Congo, mais également les États-Unis et le Canada. La WWF (World Wildlife Found) contribue à la surveillance en augmentant les patrouilles dans les zones protégées. Depuis 1976, les mesures mises en places permettent la formation de rangers locaux, de gardes armés et la pose de capteurs sur les animaux pour suivre leurs mouvements. Malgré ces mesures, le marché de contrebande illégal est toujours présent, car il se crée une rareté. Néanmoins, si plus de pays parviennent à augmenter les efforts anti-braconnage, les chances de survie des hippopotames seront bien meilleures.

Hippopotame un jour, hippopotame toujours!

Références:

Le mag des animaux

Espèces-menacées.fr

National Geographic

Radio-Canada

ndarinfo

30millionsdamis

WWF