Solution au recyclage de pneus: la cryogénisation

Publié le 7 novembre 2014 par

Par Kélèna Fournier et Samuel Morin-Loiselle (2014)

Solution au recyclage de pneus: la cryogénisation

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De nos jours, les dépotoirs sont remplis à ras bord et pas seulement de déchets qui se décomposeront, mais aussi de choses non biodégradables telles que des pneus qui s’y retrouvent parfois en très grand nombre. Parmi tous les déchets qui fond déborder les décharges, les pneus usagés font partie des polluants les plus encombrants pour les dépotoirs. On estime le nombre de pneus usagés à 275 millions par an. Leur stockage dans l’environnement est devenu une grande préoccupation environnementale à travers le monde, car les pneus produisent, si il y a combustion, des gaz à effets de serre qui contribuent aussi à la destruction de la couche d’ozone.

Lorsqu’on veut s’en débarrasser, on peut les brûler, ce qui n’est pas une bonne idée puisque, pendant la combustion, plusieurs composantes toxiques telles que du butadiène et de nombreux composés benzéniques comme le styrène vont dans l’air et c’est très dangereux puisque ce sont des agents très cancérogènes pour les humains.

On peut aussi utiliser le broyage à l’air ambiant. Toutefois,  ce procédé n’est pas très rentable et, parfois, si la température devient trop élevée, soit plus de 100 degrés, cela peut occasionner des dommages thermiques qui limitent par la suite les champs d’application du produit recyclé. De plus, le broyage mécanique crée un produit de forme irrégulière qui peut affecter son utilité et sa valeur. Pour contrer les problèmes de pneus dans les dépotoirs, la combustion et le broyage à l’air ambiant ont longtemps été utilisés, mais, désormais, ils ne suffisent plus.

La cryogénisation pourrait être une bonne solution à ce problème croissant. Cette méthode consiste à refroidir les pneus avec de l’azote liquide pour ensuite les réduire  en poussière, alors que le broyage traditionnel, qui broie les pneus  de manière mécanique pour en séparer tous les matériaux de base, réduit le caoutchouc en lanières, ce qui limite son utilisation. La solution de la cryogénisation, elle, permet un meilleur rendement et une meilleure qualité. Selon des tests, le cryobroyage d’un produit standard de caoutchouc usagé a débouché sur un rendement de 160 kg/h contre à peine 30 kg/h avec un système conventionnel. L’azote liquide permet d’arriver à de tels rendements grâce à son effet refroidissant, ainsi le produit final peut garder ses qualités de départ. Après l’étape du refroidissement vient celle du broyage mécanique. Cette étape, qui consiste à réduire le caoutchouc gelé en fines particules, est avantageuse par sa capacité à en faire de plus petites que celle du broyage ordinaire. Cette technologie assure une assez grande qualité pour que les matériaux soient ensuite utilisés pour faire des pneus neufs ou même des choses complètement différentes telles que des thermoplastiques. Grâce à cette technologie, la poudrette est tellement de bonne qualité qu’elle peut être vendue jusqu’à 1000 euros la tonne. Elle peut aussi être utilisée dans les peintures et même dans les injections plastiques. Une société a notamment mentionné l’ouverture d’un centre de recherche dont l’objectif est de rendre la surface de la poudrette plus réactive en modifiant ses propriétés chimiques.

Cette nouvelle méthode de recyclage des pneus devrait être en développement au fil des ans dans plusieurs pays du monde. Pour l’instant, on se contente, la plupart du temps, de se débarrasser des pneus usagés par combustion, une technique très polluante ou par la vieille méthode de broyage conventionnelle, non rentable et peu utile si des problèmes mineurs surviennent. Les pneus usagés, pour la plupart, se retrouvent dans la nature. Alors pourquoi ne pas employer la cryogénisation, ce qui faciliterait grandement les choses?

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