Solution aux déchets
Publié le 11 mai 2014 par
Par Nicolas Meury et Jérémi Leblanc (2014)
Solution aux déchets
Depuis environ 2 ans, la collecte des déchets au Sénégal a connu une diminution sans précédant. En effet, annuellement, chaque ville du Sénégal produit environ, selon la Banque Mondiale, 300 000 tonnes de déchets. Pourtant, seulement 40 à 60% de ceux-ci sont collectés, montrant ainsi une certaine faille dans le système de collecte des ordures du pays.
En 2005, une forte tempête d’une intensité inhabituelle, s’est développée dans la capitale du pays (Dakar) et a causé des dégâts. Des dizaines de milliers de glissements de terrain ont entraînés tous les déchets avec eux. La population a été mise en garde des risques de maladies causées par ces fameux déchets qui se sont répartis un peu partout dans les quartiers résidentiels.
Un programme organisé par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) estime que moins de 50% des déchets solides sont collectés. D’ailleurs, 95% des produits de ces collectes ne sont pas traités correctement. Le manque d’espace de stockage étant d’une importance majeure, les autorités de Dakar signèrent un contrat de 25 ans, en 2001, avec une société italienne pour ramasser ces ordures. De nouvelles décharges ont été aménagées et on a noté une amélioration des conditions de travail de ceux qui sont chargés du ramassage des détritus. Cependant, la firme italienne n’a pu subvenir aux besoins de la population. En effet, des manifestations prouvant le mécontentement de la population ont commencé à voir le jour, ces agitations ont amené le gouvernement sénégalais à menacer la société responsable de la collecte de résilier le contrat puisque les ordures continuaient de s’accumuler dans la ville. La compagnie italienne avait promis plus de véhicules pour le compactage des détritus, toutefois ceux-ci ne sont jamais apparus, exprime Madani Sy, le secrétaire général des techniciens de surface.
Une solution innovante
Ce monstrueux phénomène, qui détruit le paysage du Sénégal, à cause de ces déchets omniprésents en bordure des rues, des trottoirs et même sur le terrain des habitants de Dakar, réduit considérablement la qualité de vie. Heureusement, il y a encore de l’espoir pour ces gens et pour l’environnement. Laurent Libre, un Français, s’est intéressé à ce problème. En effet, inspiré par le travail de l’Américain Michael Reynolds, pionnier de la biotecture (architecture bioclimatique), il se pencha sur une solution plus qu’innovatrice. En plus de se débarrasser de ces déchets, il voit même un côté utile à ceux-ci. Au lieu de les jeter en pleine ville, pourquoi ne pas les recycler pour en faire des matériaux de construction, des murs et même des meubles tels que des bureaux, des tables, des lits et des chaises de façon autonome et simple? Entre autres, en utilisant ces ordures pour les mélanger avec du ciment, puis en les compactant dans des pneus, elles serviront de fondation solide et seront dissimulées. Ce qui est le plus impressionnant et fascinant avec cette technique c’est qu’on pourrait confondre un mur écologique avec un mur 100 % cimenté, d’autant plus que le mur écologique pourrait être plus solide et, évidemment, moins dispendieux que celui en ciment. Monsieur Libre, en plus de se débarrasser de la plupart des déchets, donne à la population une éducation en matière de connaissance architecturale en utilisant la biotecture. De plus ces apprentissages peuvent permettre à la population d’améliorer ses conditions de vie en améliorant, notamment, le confort et l’environnement pour enfin se débarrasser de ces dépotoirs en pleine ville.
Des résultats encourageants
Le projet fut un grand succès, tellement que l’ambassade de France et les ministères sénégalais songent à le présenter non seulement dans différentes parties du Sénégal, mais aussi un peu partout en Afrique. À Keur Moussa( village du Sénégal situé à une cinquantaine de kilomètres au Nord de Dakar) , le nombre de déchets a diminué de façon tellement hallucinante, que la décharge de la ville n’est plus d’aucune utilité. Laurent sera de la partie dans un nouveau projet qui servira au pavillon de l’hôpital des prisons à Dakar. De plus en plus, la demande se fait ressentir, c’est pour cela que l’ambassade de France est d’une grande aide dans la réalisation de ces projets, notamment dans celle du pavillon. Toutefois, comme nous le savons tous, nous sommes encore loin d’avoir éliminer tous les déchets sur notre planète qui, soyons honnêtes, en est remplie. Cependant, nous ne devons pas oublier qu’une petite contribution par-ci et par-là pourrait certainement amener une forte, même une gigantesque réduction des détritus sur notre planète.
Sources :