Tissus plus écologiques
Sara Legault et Lea Gélinas (2024)
Problèmes
Un grand nombre de gens se débarrassent de leurs vêtements lorsqu’ils sont légèrement déchirés, pour un changement de taille ou tout simplement parce qu’ils veulent faire changement.
Ceci a un impact important sur l’environnement parce que la grande majorité de ces vêtements se retrouvent dans les décharges. En jetant nos vieux vêtements, sans penser aux conséquences, nous perpétuons un cycle qui endommage l’environnement, alors qu’on pourrait facilement l’éviter. Aux États-Unis, en 2018, 3,2 millions de tonnes de textiles ont été incinérées et 11,3 millions de tonnes se sont retrouvées à la décharge. La Chine étant le pays qui produit le plus de textile mondialement se voit aux prises avec plus de 20 millions de tonnes de déchets textiles par année.
En 1975, il y a eu environ 23,94 millions de tonnes de fibres de textiles qui ont été produites dans le monde. En 2022, on parle plutôt de 113,8 millions de tonnes produites dans le monde dont 87,6 millions de tonnes de textiles synthétiques. Il est estimé que la production de textile atteindra les 145 millions de tonnes d’ici 2030.
Le textile le plus polluant est probablement le polyester (fait à base de pétrole), car il représente une source majeure d’émission de CO2 et de pollution par les micro plastiques qui peuvent contaminer l’eau. Ainsi, une seule brassée de lavage de vêtements en polyester peut libérer 700 000 fibres de micro plastiques qui peuvent ensuite se retrouver dans la chaîne alimentaire. De plus, le lavage de tissus synthétiques entraîne une accumulation de plus d’un demi-million de tonnes de micro plastiques au fond des océans chaque année.
L’industrie de fabrication de textiles se trouve au troisième rang dans l’échelle mondiale des industries les plus polluantes. L’énergie occupe le premier rang et au deuxième nous retrouvons le transport. Un textile peut prendre plus de 200 ans avant de se décomposer. La production de textiles est responsable d’environ 20% de la pollution mondiale de l’eau potable à cause des teintures et autres produits de finition.

85% des textiles finissent au dépotoir moins d’un an après leur fabrication.
La plus grande décharge se trouve près de la rivière Nairobi, en Afrique de l’Est. Environ 20 millions de kilos de vêtements y sont jetés chaque année et, petit à petit, ces vêtements ont formé une montagne de tissu.
Il y a également des impacts environnementaux importants dans les décharges. Les textiles jetés polluent les sols, affectent la qualité de l’eau, entraînent la dégradation des écosystèmes et donc réduisent la biodiversité.
4 millions de tonnes de CO2 sont émises par l’industrie du textile chaque année pour la fabrication de vêtements et de chaussures.
La production des textiles entraîne une surconsommation des ressources naturelles. Pour fabriquer un seul t-shirt en coton, il faut environ 2700 litres d’eau douce, ce qui équivaut à ce qu’une personne boit en deux ans et demi. Pour la fabrication d’un jeans, il faut en moyenne 9000 litres d’eau ce qui équivaut à 285 douches.
Il faut donc agir. Voici quelques exemples de ce qui peut être fait pour recycler, mais aussi réutiliser nos vêtements.

Solutions
Premièrement, nos vêtements peuvent être déposés dans des bacs servant à la collecte de vêtements. On retrouve ces bacs dans les stationnements de plusieurs épiceries et pharmacies partout dans la province de Québec. Il existe également des centres ou des friperies qui récupèrent les vêtements pour les vendre à moindres coûts. Ceci permet au gens à plus faibles revenus de pouvoir se vêtir convenablement.
On retrouve également cette approche ailleurs dans le monde. Par exemple, à Dandora en Afrique de l’Est se situe le marché Gikomba où des vêtements usagés sont mis en vente. Il y a même du linge usagé en provenance du Canada qui est vendu dans ce marché.
Deuxièmement, il existe des compagnies qui récupèrent de vieux vêtements pour en faire des chiffons. Nous pouvons alors nous procurer de grands sacs remplis de chiffons dans plusieurs magasins de grandes surfaces. Ces sacs sont très populaires chez les mécaniciens, en industrie, etc.
Troisièmement, les fibres de certains vêtements ajoutées à celles de bouteilles de plastique recyclées, par exemple, permettent d’obtenir un mélange de coton polyester. Un fil fin est alors fabriqué et est utilisé pour la confection de nouveaux tissus (vêtements, draps, serviettes, etc).

Certains matériaux comme la fourrure et le denim sont de plus en plus réutilisés pour confectionner des sacs à mains. Plusieurs compagnies ont vu le jour dans les dernières années et confectionnent également des vêtements ou des accessoires de mode en utilisant uniquement de vieux vêtements ou des matières recyclées.
On peut également choisir des matières plus écologiques comme le lin (qui demande peu d’eau) ou le chanvre (qui nécessite peu de traitement).
Créateur londonien
Une compagnie londonienne a été très innovante en créant un tissu pulvérisé à partir d’une bombe aérosol. Cette création permet de vaporiser facilement des vêtements de notre choix sur notre corps (t-shirt, robe, pantalon, etc). Le tissu est formé par la liaison réticulaire de fibres qui adhèrent créant un tissu non tissé. Le matériau utilisé peut être lavé et réutilisé. Lorsqu’il est usé, on peut le dissoudre et le pulvériser à nouveau.
Cette technologie est utilisée dans plusieurs domaines dont l’industrie automobile, les produits personnels et de santé (pansements, masques et plâtres), de décoration et de la mode.