Une bactérie révolutionnaire !

Publié le 30 avril 2019 par

Jacob Pedneault et William Bourgon (2019)

Une bactérie révolutionnaire !

Chaque année, de 6,5 à 8 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans nos océans! Selon un récent rapport de la Fondation Ellen MacArthur (une fondation à but non lucratif qui vise une économie verte, c’est-à-dire limiter le gaspillage) d’ici 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan. En effet, de nombreux animaux marins, sans compter les animaux terrestres, meurent chaque jour parce qu’ils s’étouffent avec du plastique, notamment, du polytéréphtalate d’éthylène (PET).  Le PET est un plastique qui sert, entre autres, à la fabrication de bouteilles pour les boissons  effervescentes. Ce type de plastique, avec le polyéthylène et le polypropylène, représente 90% des plastiques qu’on retrouve dans les océans. Le PET est un thermodurcissable, ce qui signifie que ce plastique ne peut être recyclé. En effet lorsque le plastique est fondu et moulé une première fois , il ne peut être moulé de nouveau.

L’accumulation de ces plastiques est évidemment due à l’activité humaine. Par exemple, quand les gens jettent leurs déchets dans la nature durant une randonnée et qu’il commence à pleuvoir, ces déchets se retrouvent dans nos océans à cause du ruissellement. Ainsi l’eau coule le long du sol et les déchets se retrouvent dans nos fleuves et donc dans nos océans puisque tout est relié. Ceci ne dépend pas que de la volonté des gens. Par exemple, même le fait d’échapper nos déchets peut aggraver le problème.

L’accumulation de plastique dans nos océans contribue à plusieurs problèmes tels que la décomposition du plastique en microparticules, qui polluent l’eau et contaminent les chaînes alimentaires. Au bout du compte presque tout le plastique de la nature se rend dans l’eau à cause du ruissellement. Cela crée les fameuses « îles de plastique ». Une île de plastique est, comme son nom l’indique, une certaine quantité de plastiques qui se retrouve dans l’océan et qui forme de véritables îles. On parle même, maintenant, de continents de plastique. La plus grosse île, qui est située dans l’océan Pacifique, est 3 fois plus grande que la France!

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Heureusement, certains scientifiques ont découvert une bactérie assez spéciale. De manière inattendue, ces scientifiques l’ont découverte, par accident, en ramassant 250 échantillons de PET dans des eaux usées. Ideonella Sakaiensis est le nom que les scientifiques japonais ont donné à cette bactérie mangeuse de polytéréphtalate d’éthylène. Pour ce faire, la bactérie utilise des enzymes, qui aident à faire des réactions chimiques, pour que le plastique soit moins difficile à décomposer.

Cependant, des tests ont montré que le rendement n’est pas à la hauteur. Par exemple, pour décomposer un morceau de plastique de la taille d’un bout d’ongle il faudrait six semaines à une colonie de mangeuses de plastique. Pour remédier à la situation, il a fallu un peu de chance. En effet, c’est en travaillant sur la bactérie que des scientifiques américains et britanniques ont développé une enzyme capable de faire encore mieux. En plus, il y aurait  encore place à amélioration. C’est une des raisons qui expliquent qu’elle n’est pas encore utilisée.

En théorie, tout fonctionne. Cependant, en pratique, il pourrait y avoir des complications. En effet, tant et aussi longtemps que les scientifiques ne sont pas certains que les enzymes ne causeront aucun problème à nos océans, comme par exemple affecter les coraux, ils ne l’utiliseront pas. Malheureusement, une utilisation trop rapide des enzymes pourrait causer des problèmes bien pires que la présence de plastique dans nos océans. Nous ne connaissons pas encore les évolutions possibles de l’enzyme, donc nous ne savons pas si elle peut muter et donc s’attaquer à bien d’autres choses que le plastique. C’est pourquoi nous n’en sommes encore qu’à la phase expérimentale, mais d’ici quelques années, nous allons peut-être être capables de mieux contrôler ces bactéries, et donc de diminuer considérablement la présence de ces plastiques dans nos océans.

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