Une ceinture de sécurité pour l’environnement
Publié le 9 mai 2015 par
Par Sandra Lortie-Léger & Jade Marleau (2015)
Une ceinture de sécurité pour l’environnement
Des blocs de béton, des rubans de bitume à perte de vue.
Ces villes qui s’étirent, ces agglomérations qui envahissent les terres agricoles, piétinent les forêts et chassent les animaux, sont comme des plaies purulentes pour la planète.
Manifestement, la croissance aveugle des surfaces urbanisées doit arriver à un terme, et rapidement.
Qu’est-ce que c’est?
L’étalement urbain désigne les migrations de population d’une ville grouillante de monde vers des développements résidentiels à plus faible densité, dans des zones rurales. Bien que ce phénomène existe depuis bien longtemps, ce n’est que tout récemment que l’on constate l’impact écologique de nos façons de faire. Par exemple, 70% des émissions de CO2 sont liées aux besoins des villes. Quant à la déforestation, on estime que 230 millions d’hectares de forêts disparaîtront d’ici 2030. Effet de serre, perte de la biodiversité, pollution de l’air, de l’eau, …. Les conséquences sont bien nombreuses !
Les causes
Sur les 7 milliards d’humains peuplant actuellement la Terre, plus de 50% vit dans les zones urbaines. Selon les estimations, ce chiffre passerait à environ 66% dans 35 ans, soit en 2050. Des mégapoles comme Tokyo, Shangaï, Mexico et Bombay, déjà pleines à craquer, devraient diminuer démographiquement face à la croissance de villes moyennes. Ces villes, qui se situeraient principalement dans les pays en développement, notamment en Afrique et en Asie, connaîtraient une croissance considérable.
Devant cet afflux de nouveaux citadins, les centres urbains doivent s’adapter. Et pour s’élargir, ils ont bien évidemment besoin de nouveaux espaces. De ce fait, ils s’étendent avec hâte et rarement de manière contrôlée pour donner naissance à quantité de banlieues. De ces périphéries, beaucoup en retirent des bienfaits: les prix pour se loger sont moins élevés, la propriété privée est plus accessible, l’achalandage y est moins présent… Mais, à piétiner ainsi les milieux naturels environnants, on finit par en payer le prix, un jour ou l’autre.
Pourquoi agir?
Oui, les humains saccagent la Terre. Nous savons aujourd’hui à quel point certaines de nos actions sont néfastes. Heureusement, plusieurs en prennent conscience et font des efforts concrets pour remédier à la problématique.
La maîtrise de l’étalement urbain est un enjeu qui nous concerne tous, et il devient de plus en plus pressant de trouver des solutions visant la protection des espaces naturels, lesquels sont indispensables à notre survie. En effet, grâce à ceux-ci, nous obtenons de l’eau filtrée, l’air que nous respirons est plus pur et la température est régularisée, en partie grâce aux boisés. Non seulement ces milieux offrent-ils des avantages incomparables, mais il est très plaisant de faire une randonnée en forêt, ou de pique-niquer près d’une rivière, loin des bruits agressants de la ville. Assurément, notre qualité de vie va de pair avec la santé des écosystèmes qui nous entourent.
Que faire?
Vers le milieu du XXe siècle, on commençait déjà à chercher des façons de protéger l’environnement contre la gourmandise des grandes villes. C’est à Londres qu’est né le concept de Greenbelt (ceinture verte), un projet ayant pour but d’arrêter définitivement l’expansion incontrôlée des zones urbaines.
Une ceinture verte est un ensemble d’espaces naturels protégés entourant une agglomération où l’urbanisation est limitée et les espaces verts mis en valeur. Celle de Londres couvre 5 133 km² et fait le tour complet de la ville.
La Greenbelt, grâce à la loi d’urbanisme Town and Country Planning Act de 1947, est assurée de la protection des terrains qui la composent, tout en étant prise en compte dans toutes les décisions d’aménagement du territoire dans la région.
Ailleurs, d’autres villes ont adhéré à ce projet : Dunedin, Islamabad, Seoul, Ottawa, etc. Les dimensions varient, selon la grandeur de la ville et l’emplacement choisi. Et si certaines font le tour de la ville, d’autres, comme celle de la capitale nationale du Canada, occupent une portion un peu moins impressionnante du paysage.

Londres: Source Ottawa: Source
L’idée est assez charmante, bien sûr. Mais la mise en pratique est, comme toujours, beaucoup plus complexe. Afin d’assurer la longévité d’un tel projet, des mesures radicales doivent être apportées. Sans cela, l’effort est complètement inutile. Pour que ça fonctionne, une ceinture verte doit bénéficier d’un soutien et d’une législation stricte. En sommes-nous capables?

En conclusion, la population mondiale continuera à augmenter et les gens rechercheront toujours de meilleures conditions de vie, partiellement accessibles dans les villes. Et quel défi que de tenter de concilier croissance urbaine et protection des espaces naturels!
Mais nous croyons qu’il est impératif de réviser nos manières de gérer les zones urbaines et d’appliquer le principe de développement durable – dont les ceintures vertes font partie- pour protéger ce qui nous reste d’environnement en santé.
Sources: