Une enzyme miraculeuse?
Publié le 6 mai 2019 par
Joanie Raymond et Jérémy Plante (2019)
Une enzyme miraculeuse?

De plus en plus d’espèces disparaissent de notre planète bleue. On évalue qu’actuellement environ 26 280 espèces disparaissent à chaque année. 1 400 espèces marines connues seraient menacées par les déchets plastiques. En effet, on estime que 100 000 mammifères marins et 1 million d’oiseaux marins sont tués par étranglement ou étouffement par les déchets plastiques chaque année.
Les océans + le plastique = crise planétaire
Le plastique est un des plus importants problèmes environnementaux. Son temps de dégradation est très long. Ainsi, une simple bouteille d’eau peut prendre jusqu’à 1000 ans pour se décomposer. Plusieurs personnes ne semblent pas réaliser l’ampleur du problème.
Cette matière d’origine organique produit des amas de déchets dans nos océans, car le plastique subit la force de Coriolis produisant de grands vortex appelés gyres océaniques. Selon l’ONU, il s’agit d’une « crise planétaire ».
8,8 millions de tonnes de plastique s’ajoutent à nos océans chaque jour sans compter le plastique qui demeure sur la terre ferme! Les plastiques, lorsqu’ils se dégradent, libèrent également des contaminants chimiques (PSB, pesticides, etc) toxiques pour les animaux marins.
Les types de plastique
Il existe plusieurs types de plastique qui ont des formes moléculaires et des propriétés différentes. Les plus courants sont le polyéthylène téréphtalate (PET) utilisé pour la fabrication des bouteilles d’eau et le polyéthylène à basse densité (LDPE) utilisé pour les sacs de plastique. Ces plastiques sont des polymères, c’est-à-dire des macromolécules formées d’un grand nombre d’unités plus petites (les monomères) liées chimiquement par des liaisons covalentes. Une liaison covalente est une liaison chimique dans laquelle deux atomes se partagent des électrons.
Une enzyme, la solution parfaite?
Au Japon, des chercheurs ont découvert une bactérie, Ideonella Sakeiensis 201-F6, qui peut croître sur du PET en l’utilisant comme source de carbone et d’énergie. Cette bactérie serait apparue très certainement dans les centres de recyclage durant les années 1940.
Par la suite, des chercheurs américains et britanniques ont identifié l’enzyme produite par la bactérie qui lui permet de digérer du plastique. Ces études ont été faites dans l’université britannique de Portsmouth et dans le Laboratoire national des énergies renouvelables du ministère de l’énergie américain. L’enzyme appelée PETase dévore le plastique PET en un temps record.

L’enzyme PETase est capable, en 6 semaines, de convertir le PET en acide mono (2-hydroxyethyl) terephthalique (MHET) avec des traces de produits secondaires.
Avant de mettre cette solution en œuvre, les chercheurs doivent trouver un moyen d’améliorer cette enzyme afin d’augmenter sa performance pour dégrader le plastique a une plus grande vitesse.
En conclusion, l’enzyme PETase pourra peut-être, un jour, nous aider à détruire le plastique et ainsi réduire les grands amas de plastique au milieu de l’océan. Cela pourrait favoriser la survie de plusieurs espèces sur notre globe.